FSE/ESF Forum social européen/European Social Forum - La marchandisation de la nature
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La marchandisation de la nature [fr]
7 January 2004

 

Dans son introduction Alain Bué note que les trafics et commerces d’animaux et de plantes sauvages ne font qu’augmenter en dépit des efforts de la Convention de Washington, que la destruction de la forêt tropicale se poursuit, que le protocole de Kyoto a « inventé » la marchandisation de l’air en permettant aux gros pollueurs de racheter des droits de polluer aux pays pauvres, que de nombreux parcs nationaux deviennent des entreprises commerciales, véritables supermarchés de la nature et qu’en Europe, la protection d’un certain nombre d’espaces naturels entraîne une augmentation rapide du prix des terres, ce qui empêche de jeunes paysans de s’installer pour y pratiquer une autre agriculture. Le modérateur voudrait trouver quelques convergences entre Serge Lepeltier, Claude-Marie Vadrot et François Dufour.

Claude-Marie Vadrot passe en revue tous les exemples de « mise en vente » de la nature, de la transformation d’un bien commun qui, rationalisé, aseptisé, entre dans le circuit marchand. Qu’il s’agisse des animaux que l’on nous vend (en pillant les pays du sud) comme supplément d’âme ou du tourisme qui la consomme au sens que cette consommation est une destruction.

La nature n’est plus qu’une marchandise qui doit être propre, accessible, bien emballée en quelque sorte. Le malaise est peut-être lisible, finalement, dans la baisse régulière de la fréquentation des parcs nationaux français par le public et la chute vertigineuse de l’utilisation des refuges de la zone centrale.

Le Mainate, merle des Indes, acheté deux dollars à un Indien se revend entre 2000 et 3000 francs dans une boutique. Même différentiel pour les petits oiseaux exotiques dont 95 % meurent au cours des six mois suivant leurs importations. Les « objets » naturels s’achètent et se jettent comme des mouchoirs en papier.

Le symbole de la marchandisation accélérée de la nature lui semble être le projet de confier la gestion de l’espace et des espèces protégées du parc national de Yellowstone aux Etats Unis à des sociétés privées. Projets qui commencent à prendre forme en France dans la tête de quelques élus.

Serge Lepeltier insiste sur la question de la déforestation, reconnaît que les intentions françaises dans ce domaine de la limitation des importations n’ont pas encore été mises en pratique et suggère que l’un des points de rapprochement avec les deux autres intervenants est la méfiance extrême envers le brevetage du vivant « car il s’agit d’un moyen de pouvoir et de désapropriation insupportable.

Il signale qu’il existe actuellement sur ce point une Directive européenne très ambiguë, directive qui a malheureusement été acceptée par la France, restant à espérer qu’au moment de sa transcription dans le droit français, les parlementaires prendront toutes les précautions nécessaires pour en limiter les effets. Il explique qu’il faut différencier la découverte et l’invention.

Serge Lepeltier voudrait que soit instaurée la notion de « Bien public mondial », des biens comme l’eau, la forêt, les océans ou les fonds marins qui ne doivent pas être gérés comme les autres. Il rappelle que sans intervention humaine une espèce disparaît tous les 27 ans et qu’avec l’intervention humaine, il y a sept disparitions d’espèces par jour.

Pour Serge Lepeltier c’est la notion de développement durable qui devrait coiffer, conditionner l’écologie et non pas le contraire. François Dufour admet que, sur la question du brevetage du vivant et de ses dangers économiques et sociaux, des actions communes entre le courant représenté par le Sénateur et la Confédération sont effectivement envisageables.

Mais qu’il faut mettre le holà à la commercialisation des plantes et semences génétiquement modifiées. Accord de Serge Lepeltier disant qu’il faut faire une très nette différence entre la recherche et la commercialisation. François Dufour redoute la standardisation des méthodes agricoles, le recours massif aux produits chimiques qui sont dangereux pour la nature et la transforme en simple support industriel.

Pour Dufour se sont l’Europe et les Etats Unis qui sont responsables du pillage des milieux naturels parce que leurs agricultures ne fonctionnent que par rapport à des intérêts financiers : « trop de pays ne vivent que sur l’exploitation du milieu naturel, sur sa transformation en marchandise ou fournisseur de marchandises ». Cette agriculture oublie qu’elle n’a pas seulement des droits mais aussi des devoirs par rapport aux milieux naturels. Il rappelle aussi que la pire forme de la marchandisation de la nature, c’est la privatisation des semences qui devient la règle.

Sur la forêt tropicale, il marque son accord avec Serge Lepeltier mais rappelle que cette déforestation se fait aussi aux dépends des cultures vivrières. Il insiste sur la nécessité de renoncer aux aides à l’exportation des productions européennes car ce dumping entraîne les pays du sud à « vendre encore plus de leur nature à bas prix ». En répondant à la salle et à François Dufour, Serge.

Lepeltier insiste sur le fait que la mondialisation et ses conséquences doivent devenir une affaire intérieure française et que les politiques doivent ré-investir ce domaine, ne pas considérer la « destruction-vente » de la nature comme un phénomène sans importance. Serge Lepeltier rappelle qu’il est chargé d’une mission parlementaire visant à créer « un observatoire français de la mondialisation ».

En définitive, même si Serge Lepeltier reconnaît que certaines déclarations du Président de la République ne sont pas suivies d’effets ou bien pas suivies par sa majorité, il est clair que quelques convergences peuvent être trouvées (sur les dangers de la marchandisation de la nature) entre les altermondialistes et la droite traditionnelle (c’est à dire, si on a bien compris, qui ne cède pas au libéralisme sauvage).






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