FSE/ESF Forum social européen/European Social Forum - Le médicament : un bien public mondial à conquérir
[FSE/ESF Forum social européen/European Social Forum]
Back to the frontpage
MALMÖ 2008 | ATHENA 2006 | LONDON 2004 | PARIS 2003 | FIRENZE 2002
FSE-ESF - Menu
Prep Process (EPA-AEP)
About ESF 2012
About Istanbul 2010
About Malmö 2008
About Athens 2006
About London 2004
About Paris 2003
About Firenze 2002

Europe on the move
European Conferences/Manifestations
Analysis/ statements for a better world

Social Forums in the World
World Social Forum
Southern Africa Social Forum (SASF)
South Asia Social Forum (SASF)
Mesopotamia Social Forum

European Social Forum Networks
Correos de los movimientos sociales
Public services
Charter // another Europe
Education

Memoria Viva
Tools and contents
Athens 2006 Reports
London 2004 Reports
Paris 2003 Reports
Other docs Paris 2003
Social Movements

FSE-ESF [ACCESS WORKSPACE]
NEW WORKSPACE
OPEN ESF HOMEPAGE

FSE-ESF [MAILING LIST]
ESF-FSE LISTS
- EUROPEAN LIST (fse-esf)
- FRENCH LIST (CIFs)
- ALL THE LISTS

FSE-ESF [SEARCH]
SEARCH IN THE SITE
ADVANCED RESEARCH
 
Memoria Viva // Paris 2003 Reports // Against the logic of profit //

Le médicament : un bien public mondial à conquérir [fr]
16 December 2003

 

PRESENTATION

Biens publics à l’échelle mondiale

Chaque année dans le monde, plus de 14 millions de personnes décèdent d’infections virales, parasitaires ou bactériennes, faute d’accès aux traitements qui pourraient les soigner ou prolonger leur vie en atténuant leurs souffrances.

La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et de nombreux accords internationaux reconnaissent à la santé le caractère de droit fondamental. Pourtant, les multinationales pharmaceutiques occidentales (« Big pharma »), soutenues par les Etats occidentaux qui défendent les intérêts de « leurs » industries notamment devant l’Organisation Mondiale du Commerce, font pression pour imposer la suprématie de la propriété intellectuelle sur ce droit fondamental, au détriment de millions de vies humaines.

Les monopoles assurés par les brevets et l’absence de transparence permettent aux laboratoires privés de fixer arbitrairement les prix des médicaments qu’ils produisent - sans commune mesure avec les fonds investis dans la recherche - générant ainsi des profits colossaux. Les tarifs qu’ils pratiquent empêchent les pays en développement d’accéder aux médicaments, alors qu’il s’agit d’une question de vie ou de mort pour leur population, et ils mettent en péril les systèmes de protection sociale des pays favorisés, fruits de décennies de conquêtes sociales.

Les médecins y sont considérés comme des prescripteurs et leurs patients comme des consommateurs que les laboratoires transforment volontiers en cibles publicitaires.De plus, la recherche privée est orientée quasi exclusivement vers le traitement de maladies touchant les populations solvables du Nord, au détriment des peuples du Sud et des personnes atteintes de maladies rares.

Propositions alternatives

Au Brésil, le laboratoire gouvernemental Far-Manghinos a développé sa production de médicaments génériques jusqu’à permettre à 130 000 personnes d’accéder gratuitement à la trithérapie. Les politiques de prévention et de production de génériques font reculer la maladie.

Au Cameroun, les malades (dé)montrent que les plus démunis savent suivre un traitement et sont acteurs à part entière des structures de prise en charge. Partout les associations de malades exigent l’accès aux traitements. Faire du médicament est un bien public mondial permettrait de le sortir de la logique mercantile et financière.

Mise en oeuvre

Publication d’un ouvrage collectif sur la santé comme bien public à l’échelle mondiale, échanges entre les organisations et participation à des évènements communs...


COMPTE RENDU DU SEMINAIRE

L’accès aux médicaments dans les pays industrialisés

- Valérie VAN BELLE, Alliance nationale des mutualités chrétiennes de Belgique : la part des médicaments dans les dépenses de santé augmente dans les pays industrialisés. Les entreprises pharmaceutiques ont réussi à créer de nouveaux besoins en influençant les patients et les prescripteurs. Ces dépenses sont maîtrisables, la Nouvelle Zélande n’autorise qu’une seule marque par principe actif : celle qui présente le meilleur rapport qualité prix. Le nombre de visiteurs médicaux par médecin peut également être limité. Les dépenses publicitaires des firmes pharmaceutiques sont 2 fois plus élevées que les dépenses de recherche. Une information objective, transparente, systématique et récurrente sur les médicaments est nécessaire, elle ne peut-être laissée aux seuls laboratoires privés.
- Omar BRIXI, Fédération des mutuelles de France : la boulimie médicamenteuse des pays développés n’est plus considérée comme un progrès en soi et peut même être nuisible. Une évaluation systématique et indépendante de l’utilité des médicaments doit être faite. La responsabilisation des patients "par la facture" n’est pas une solution, l’État doit jouer son rôle de pouvoir public et favoriser une véritable "démocratie sanitaire", tant au sein de l’assurance maladie qu’en responsabilisant les médecins devant leurs patients.

- Lourdes GIRONA, Federación de Asociaciones para la Defensa de la Sanidad Pública en Espagne : les résultats des essais cliniques - nécessaires pour démontrer l’efficacité et l’innocuité d’un nouveau médicament - restent la propriété du laboratoire pharmaceutique qui les a lancés, alors qu’ils sont réalisés par les médecins dans des centres hospitaliers universitaires publics. Les laboratoires monopolisent l’information et présentent la nouvelle molécule comme une innovation thérapeutique, alors qu’elle n’est le plus souvent ni plus efficace, ni plus sure, mais coûte beaucoup plus cher. Les laboratoires américains disent dépenser 840 millions de $ pour trouver un nouveau médicament, mais les estimations faites par Public citizen montrent qu’il s’agit plutôt de 240 millions de $.

L’accès aux médicaments dans les pays en développement

- Jean-Pierre UNGER, Forum social de Belgique : dans les pays en développement, les médicaments essentiels sont hors de portée de la majorité de la population, notamment faute de moyens de distribution adaptés : il ne peut y avoir d’accès aux médicaments sans accès aux soins. L’initiative de Bamako avait commencé à apporter une solution en exigeant la démocratisation des services publics dans la distribution des médicaments, mais le manque de volonté des Nations Unies, et la politique d’aide au développement menée par les pays industrialisés, qui tend à limiter leur rôle aux seuls programmes de contrôle des maladies, ont stoppé cette expérience. Nous sommes face à une véritable "bombe sociale", la stabilité du Tiers-Monde et de la planète sont en danger.
- Fred EBOKO, politologue et anthropologue : sur quelque 40 millions de personnes vivant avec le virus du sida dans le monde, 70 % sont des Africains. Or, moins de 1 % d’entre eux a accès à une polythérapie. Fin 90, alors que des traitements existaient depuis 10 ans en occident, on parlait uniquement de "prévention" en Afrique, au prétexte que les Africains ne sauraient pas suivre rigoureusement une thérapie. Les malades les plus démunis ont démontré le contraire dans le cadre de projets pilotes de MSF, associant des réseaux de médecins et de conseillers psychosociaux aux patients et à leur entourage. Tout individu sait se soigner quand il en va de sa survie. Mais les États africains sont fragiles et faibles face aux pressions des laboratoires occidentaux, et la solidarité Nord/Sud est capitale pour y faire face.

Propositions alternatives

- Laurent ZIEGELMEYER, Collectif "la santé n’est pas une marchandise" et Sud chimie Aventis Vitry : les maladies touchant les populations pauvres ne font plus l’objet de recherches, contrairement aux "blockbuster" dont le marché potentiel dépasse le milliard de dollars. Il faudrait recenser les molécules efficaces déjà découvertes, mais dont la production a été abandonnée faute de (super)rentabilité suffisante.

Les États occidentaux soutiennent totalement l’industrie pharmaceutique, protégent les brevets, cautionnent les fusions et autres plans sociaux. Des alternatives émergent, comme au Brésil où 130 000 personnes accèdent gratuitement à la trithérapie grâce à la production de génériques développés par un laboratoire gouvernemental.
- Gaëlle KRIKORIAN, Act-Up Paris : le prix des médicaments est une entrave majeure à son accès dans les pays du Sud, du fait des monopoles assurés par les brevets, mais il n’est pas une fatalité. L’industrie pharmaceutique prétendait ne pas pouvoir diminuer ses prix de plus de 30 %, sans « rogner » sur les coûts de production. Mais des laboratoires publics et privés, au Brésil, en Thaïlande, en Inde... produisent aujourd’hui des copies d’antirétroviraux à des prix de 95 à 99 % moins chers que ceux pratiqués par les laboratoires occidentaux. Le sida tue près de 10 000 personnes par jour. Chaque jour qui passe est catastrophique. Il faut absolument simplifier la solution proposée par l’accord sur l’accès des pays pauvres aux médicaments approuvé le 30 août 2003 par 146 pays de l’OMC. Les gouvernements doivent utiliser les outils mis à leur disposition : licences obligatoires, importations parallèles etc. et refuser les accords bilatéraux encore plus contraignants que les règles de l’OMC que tentent de leur imposer les États-Unis (ex : E-U Maroc)

- François-Xavier VERSCHAVE, Biens publics à l’échelle mondiale : le médicament doit être considéré comme un bien public, qui ne peut être défendu qu’à l’échelle mondiale, car les épidémies n’ont pas de frontière et on ne peut piétiner la déclaration universelle des droits de l’Homme. Nos systèmes de santé ne pourront supporter longtemps le racket imposé par les brevets et les monopoles, contraires aux règles du marché prônés par les libéraux. Des alliances doivent se développer, entre le Nord et le Sud, entre associations de malades, syndicats, mutuelles etc. pour inverser cette logique mortifère. Mise en oeuvre

Une liste de discussion fse-medic@ras.eu.org permettra de maintenir le contact entre les personnes et organisations intéressées par la question du médicament.

Le réseau des mutuelles européennes pourrait réfléchir à la mise en place d’un prix unitaire par rapport aux génériques et d’un label mutualiste européen.

Les alliances entre associations de malades, syndicats, organisations et citoyens « du Nord et du Sud » doivent se renforcer pour faire pression sur les gouvernements et dénoncer la logique criminelle des laboratoires pharmaceutiques occidentaux.






1 Message

 
article au format texte pour impression Print this article
ORGANISATIONS
- Act Up Paris
- Centre régional d’information et de prévention sida
- Collectif La santé n’est pas une marchandise
- Federación de asociasiones para la defensa de la sanidad pública (FADSP)
- Oxfam Solidarité
- Solidaires Unitaires Démocratiques (SUD)
> All the organisations


SPEAKERS
- VAN BELLE Valérie
- BRIXI Omar
- GIRONA Lourdes
- UNGER Jean-Pierre
- EBOKO Fred
- ZIEGELMEYER Laurent
- KRIKORIAN Gaëlle
- VERSCHAVE François Xavier
>> All the speakers


THEMES
- CORPORATE RESPONSIBILITY
- COMMON GOODS
- HEALTH
- PATENTS
>> All the thematics


COUNTRIES/REGIONS
No key-word for this doc
>> All the countries/regions
FSE/ESF Forum social européen/European Social Forum
Website built with SPIP, free-software | Hosted by the RAS, Union and Organization Network | CONTACTS | WEBMASTER | FRONT |ADMIN