FSE/ESF Forum social européen/European Social Forum - Conflits oubliés en Europe de l’Est
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Conflits oubliés en Europe de l’Est [fr]
3 January 2004

En cohérence avec la plénière 2 de l’axe 1 du programme du FSE, ce séminaire abordera plus concrètement les conflits oubliés en l’Europe del’Est, et les moyens de résolution des conflits dans ceux-ci.

Ce séminaire permettra de dégager les enjeux majeurs liés à la guerre, lapaix, la justice et la solidarité aujourd’hui, et de mener une réflexion approfondie sur la construction de la paix dans le Caucase et dans les Balkans.



 

PRESENTATION

Dans un monde où les conflits sont nombreux, de natures diverses, plus ou moins connus, plus ou moins médiatisés, plus ou moins oubliés, il convient de rappeler que la paix procède de l’œuvre conjointe des organisations civiles, sociales et politiques. La Paix est un axe de réflexion et d’action pour de nombreux acteurs de la solidarité internationale, qui ont compris l’évidente relation existant entre les problèmes de pauvreté et d’injustice, de l’exploitation des richesses naturelles, et l’émergence ou la poursuitede conflits dans les pays d’Europe de l’Est.

L’Europe de l’Est reste une zone encore fragile. Des espaces de fortes tensions existent sans qu’il en soit véritablement fait écho. Il semble ainsi important de parler de ces conflits larvés ou oubliés, et de mettre en évidence les diverses formes de mobilisation qu’ils suscitent au niveau européen.

Dans le Sud Caucase (Arménie, Azerbaïdjan et Géorgie) traversé par denombreux conflits et confronté à des difficultés politiques et économiques énormes, les sociétés civiles tentent de faire entendre leurs voix et de construire la paix. Travaillant ensemble par delà les frontières, des acteurs de terrain vous invitent à découvrir leur situation et leurs actions concrètes, mais aussi à échanger et réfléchir ensemble pour élaborer de véritables alternatives de paix.

Depuis 1995, la Bosnie-Herzégovine a progressivement sombré dans un rapide et profond oubli politique, médiatique puis humanitaire.Pourtant, sept ans après la signature des Accords de Dayton, qui ont mis fin à la guerre mais qui ont également entériné la partition de la Bosnie-Herzégovine en deux entités, la situation est toujours critique.Le pays est encore très détruit et la situation économique n’est guèrere luisante. Mais surtout, la page des tensions et des nationalismes n’est pas tournée : les partis nationalistes, puissants et ancrés continuent résolument le démantèlement de la Bosnie multi-ethnique.

S’ajoutent à cela 406.000 personnes toujours réfugiées ou déplacées sur le territoire bosniaque. La Bosnie est une clef indispensable pour passer d’une région pacifiée à une région en paix ; en cela, elle est symptomatique des enjeux auquel doit faire face l’ensemble des Balkans.

Propositions alternatives

. Ce séminaire cherchera à croiser les points de vue sur ces conflits à travers différents intervenants, et à dégager de la sorte les pistes de construction d’une véritable Europe de la paix et de la solidarité.Un certain nombre de ces alternatives, au-delà des propositions de si ntervenants, devront émerger de la richesse du débat qui sera mené lors du FSE.

La paix doit se construire sur des processus vastes et pluriels, par la création de rencontres, de coordinations, de réseaux depuis le niveau local au global. Grâce à ces rencontres, l’échange et le dialogue entre les différents acteurs de la société civile contribueront à la construction d’une paix durable.

Notre séminaire s’orientera tout particulièrement sur les positionnements de l’Union Européenne et des Etats-Unis vis-à-vis de ces deux régions d’Europe, avec l’intervention de partenaires internationaux et de constructeurs de la paix.

Mise en oeuvre

Bon nombre de modalités de mise en oeuvre des propositions devront naître des échanges qui auront lieu lors du séminaire. On peut déjà affirmer que ce sera notamment par :
- la sensibilisation du public sur des conflits dans différents pays,mais également de nature et d’origine diverses ;
- des rencontres et débats autour de la mise en place de réseaux de solidarité, et de la construction de la paix en Europe ;
- les échanges d’expériences.


COMPTE RENDU DU SEMINAIRE

Deux perspectives:

- description des situations actuelles, compréhension du contexte
- réfléchir aux responsabilités de chacun : celle des peuples d’Europe et celle de leurs gouvernants

La région des Balkans

La situation dans les ex-pays yougoslaves reste pour le moins confuse, et les tutelles, exercées actuellement sur la Bosnie-Herzégovine et sur le Kosovo par l’Union européenne et les Nations-Unies montrent qu’il n’existe pas de véritable situation de paix dans cette région. L’Europe doit s’impliquer davantage dans la construction d’une paix durable pour cette région qui a connu les ravages de la guerre dans les années 1990.

L’amélioration de la situation en Bosnie depuis les accords de Dayton (Natasa Kandic)

Les accords de Dayton (1995) ont mis un terme au conflit en Bosnie-Herzégovine. On constate une nette amélioration de la situation et des avancées notables en matière de construction de la paix.

Plusieurs éléments viennent expliquer ces changements.

- Depuis la signature des accords de paix, la Bosnie vit un important débat sur les responsabilités et implications des Serbes et des Bosniaques dans le conflit. La recherche de la vérité sur les massacres et violations des droits de l’Homme commis durant la guerre de Bosnie a toujours été volontairement éludée, les parties refusant de reconnaître ce qui s’est passé entre 1992 et 1995.

Or en octobre 2003 et pour la première fois, le gouvernement de la Republika Srpska de Bosnie a indiqué qu’il n’était pas en mesure de faire le jour sur les massacres de Srebenica, mais fait un premier pas concernant la reconnaissance des crimes commis durant le conflit.

- La création d’une armée bosniaque commune, laquelle réunit les citoyens de la Bosnie et ceux de la Republika Srpska, anciens ennemis d’autrefois, sous la même bannière et sous le même uniforme, constitue une avancée positive.

Les enjeux d’une véritable stabilité

La réticence qu’éprouve la Serbie à reconnaître sa responsabilité dans le conflit est une mauvaise stratégie et ne permettra pas à ce pays de s’assurer une véritable stabilité démocratique. En effet, une transition démocratique réussie ne peut pas être acquise en persistant dans la négation du passé et la des crimes commis.

Les nouveaux gouvernants de la République de Serbie-Monténégro devront être conscients de la nécessité d’assumer la réalité passée et être capables de construire des nouveaux liens avec la Bosnie. Les citoyens et intellectuels serbes devraient également reconnaître leur responsabilité.

Il est essentiel de respecter la dignité des victimes, de s’interroger sur les moyens de restaurer cette dignité et de s’attacher au ressenti de « l’autre ». Seule une attitude d’attention à l’égard des autres et un développement de relations entre les peuples permettront d’améliorer la situation et d’instaurer une véritable démocratie.

La question de l’implication de la Croatie dans le conflit bosniaque ( Zoran Pusic)

Malgré les relations avérées entre les dirigeants serbes et croates durant le conflit bosniaque, la Croatie a beaucoup de mal à reconnaître ses responsabilités.

Les relations actuelles entre la Croatie et la Bosnie

- Au niveau politique et gouvernemental : les deux pays entretiennent de bonnes relations, mais toujours empreintes d’un fort impérialisme politique de la part de la Croatie à l’égard de la Bosnie. En outre, l’aide financière accordée par la Croatie à la Bosnie, laquelle s’élève à près d’un million d’euros par jour, est en priorité destinée à la mise en place d’un système de défense militaire et non au développement.

- Les communautés connaissent certaines difficultés à vivre ensemble autour d’un sentiment identitaire commun. Le cas des élections législatives de Croatie, qui auront lieu fin 2003 et auxquelles pourront participer les Croates de Bosnie, même s’ils vivent en Bosnie depuis environ 1000 ans, est particulièrement révélateur.

- La société civile : les ONG serbes, croates, bosniaques et monténégrines entretiennent de bonnes relations et tissent un partenariat de plus en plus fort entre elles. Cette donnée très positive et essentielle permettra d’influencer et de faire évoluer la politique dans les Balkans dans la bonne direction.

La situation des jeunes en Bosnie ((Miralem Tursinovic)

Les jeunes vivant en Bosnie doivent faire face à une situation particulièrement difficile. Les problèmes économiques sont nombreux et à l’heure actuelle, 86 % des jeunes diplômés sont sans emploi. 60% des jeunes bosniaques n’ont qu’un seul souhait : quitter la Bosnie. Le problème identitaire s’avère par ailleurs fortement ancré chez les jeunes. Les guerres et l’agitation nationaliste ont entraîné une perte d’identité.

Les jeunes bosniaques ont aujourd’hui l’impression de ne plus avoir de liens forts avec leur pays. Cette situation conduit à un isolement de la jeunesse et à une perte de ses repères. Afin de remédier à cette situation, le soutien des ONG et de la Communauté internationale (particulièrement celui de l’Union européenne) paraît indispensable.

Le Caucase

La région du Caucase, carrefour entre le Moyen-Orient, l’Europe et l’Asie, riche de ressources naturelles importantes (gaz, pétrole), constitue un lieu stratégique et a été marquée au cours des dernières décennies par plusieurs conflits.

la situation du Haut-Karabakh(Karen Ohanjanyan)

Tout comme en Bosnie, cette zone autrefois déchirée par les conflits vit actuellement un cessez-le-feu, mais ne connaît pas de situation de paix véritable. L’indépendance a été déclarée, mais n’a pas été reconnue par la Communauté internationale. Une présence internationale paraît nécessaire afin de clarifier la situation dans cette région et d’améliorer à terme la situation économique et sociale de la population. Seul un travail en profondeur de retour à la paix, avec le soutien des Organisations internationales et des ONG locales permettra d’envisager une stabilisation dans la zone du Haut Karabakh.

L’association à laquelle Karen Ohanjanyan appartient a récemment présenté une proposition de projet de processus de paix. En outre, des projets locaux de « peace houses » ou maisons de la paix visant à réunir des familles arméniennes et azeries ont été proposés dans cette région.

Le conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan dans la région du Haut-Karabakh reflète une forte incompréhension entre les nations.

La région du Caucase présente un potentiel économique majeur. C’est notamment le cas de l’Azerbaïdjan, mais ses richesses naturelles ont fait le malheur de toute la région.

Il convient par ailleurs de souligner que la Communauté internationale n’a pas les mêmes objectifs que ceux des populations du Caucase quant à l’avenir de la région. L’Azerbaïdjan présente un potentiel fort en termes de travail de démocratisation et de résolution des conflits, objectif partagé par toute la population, mais personne ne semble s’en préoccuper. La société civile essaye de construire la paix « pierre par pierre », paix encore fragile qu’il est facile de détruire d’un seul coup.

la situation en Géorgie(Elena Kiladze)

Depuis 1991, date de l’accession à l’indépendance de la Georgie, le pays a connu la guerre civile et le régime démocratique a fait l’objet de nombreux manquements. Depuis quelques jours, la population georgienne manifeste dans la rue car elle estime que les élections récemment organisées ont fait l’objet de fraudes et doivent être annulées.

La Georgie est membre du Conseil de l’Europe et envisage la possibilité d’intégrer un jour l’Union européenne. En proie à des difficultés économiques et sociales très importantes, la société georgienne vit une situation difficile. En outre, le phénomène de « désintégration sociale » au lendemain de la chute du régime communiste, et que subit encore ce pays, a été largement intensifié par les conflits.

La Georgie doit se rapprocher de l’Europe. Cette collaboration accrue ne devra pas seulement être comprise d’un point de vue inter étatique. En effet, la société civile georgienne doit, au cours de prochaines années, s’affirmer davantage et nouer le dialogue avec la société civile européenne.

Conclusion

Il est possible d’identifier un point commun à tous les conflits que l’Europe a connus au cours des dernières années : le manque de connaissance des autres populations et l’absence d’un réel dialogue entre les différentes communautés.

Tous les intervenants ont fait part, durant ce séminaire, de leur engagement, au sein de leur société, pour la construction de la paix avec l’ancien frère ennemi. Tous ont fait référence à une certaine éthique d’engagement et de responsabilité.

Ces conflits locaux s’inscrivent dans des contextes internationaux ( intérêts pétroliers, un ordre international qui contribue à un moment donné à une déstabilisation de la région).

Il est nécessaire de reconstruire la paix de l’intérieur, par le dialogue et le travail commun, avec un appui indispensable de la Communauté internationale. Cette dernière ne doit pas essayer de reconstruire une paix artificielle en lieu et place des communautés autrefois parties au conflit, mais simplement jouer le rôle de médiateur dans le processus de reconstruction de la paix.






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