FSE/ESF Forum social européen/European Social Forum - L’urbain et le local, terrain d’expansion du néolibéralisme et de résistances
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L’urbain et le local, terrain d’expansion du néolibéralisme et de résistances [fr]
5 December 2003

 

Jean-Baptiste Eyraud (Dal / No Vox, France) résume les prises de parole en affirmant que la ville reflète le modèle dominant qu’est le néolibéralisme, qui détruit les rapports collectifs sociaux, et rend difficiles les résistances et les luttes, qui détruit les services publics pour les privatiser et les diminuer.

L’individualisation à l’œuvre en Europe de l’Ouest écrase ainsi l’Europe de l’Est (système de protection existant laminé) et aussi tous les pays du Sud (exportation des pollutions et autres déchets). Il rappelle qu’ici ou là des résistances urbaines s’organisent,. sur la question du droit au logement, de la démocratie locale, des services publics, il identifie une reprise de ces luttes en Europe, notamment en France,

Elena Portaliou (National Technical University, Grèce) ouvre la discussion par un rappel historique sur la formation des villes en Europe, soulignant qu’il s’agit d’un lieu de concentration politique et culturelle maximale. Aujourd’hui, le néo-libéralisme tend à détruire toute forme de cohésion sociale et urbaine par une transformation radicale de l’espace, similaire à celle entreprise auparavant par le capitalisme industriel. Le véritable objectif est de transformer les villes en agglomérations d’individus perdus dans l’espace, de sorte qu’augmentent les difficultés de se rencontrer et de mener des luttes communes. L’espace public est ainsi privatisé, tandis que les flux de capitaux contribuent à une dérégulation du politique. Dans ces conditions, le droit à la ville devient abstrait. Il est donc important de n’exclure aucun groupe social de l’espace urbain. Le FSE à Florence a montré que l’urbanité et les mouvements urbains sont toujours vivants, il sera intéressant de voir s’il en va de même à Paris.

Svetlana Slesanerok (Mama 86 Odessa, WECF, Ukraine) rappelle que l’ouverture des marchés a mis au chômage des millions de salariés, et que 49 % des Ukrainiens vivent avec moins d’un dollar par jour. Alors qu’à l’époque soviétique, les individus ne payaient que 3 à 4 % de leur loyer (le reste étant pris en charge par l’Etat), le FMI exige une augmentation d’au moins 15 % de cette participation. Dans le quartier de l’intervenante, la population s’est organisée, allant jusqu’à porter plainte contre l’Etat, pour que ferme une usine de produits chimiques mitoyenne des immeubles : le Conseil Municipal a décidé de fermer les activités polluantes de l’usine en question malgré les pressions des lobby et mafia pétroliers et d’équiper le quartier en canalisations. C’est une victoire encourageante pour la suite et ce succès est le résultat direct de l’activisme.

Jean-François Tribillon (Initiative Pour un Autre Monde & Architecture et Développement, France) décrit l’Europe comme une puissance industrielle qui exporte dans le monde un modèle de ville dont elle ne veut plus, ou qu’elle y expérimente. Elle l’a d’abord fait dans un cadre colonial en imposant des modèles d’urbanisation basés sur la ségrégation sociale, voire raciale (ex. de l’Apartheid). Aujourd’hui, elle exporte un modèle ultra-libéral par l’intermédiaire des sièges de la Banque Mondiale et de sa propre puissance. Les villes occidentales résistent encore, car elles ont une histoire ; mais elles sont déjà un millefeuilles de marchés (du logement, des services, ...) entassés les uns sur les autres. On appelle urbanisme ce qui consiste à donner une consistance territoriale à cet entassement. Nous sommes actuellement face à un urbanisme de valorisation d’un territoire au lieu d’un urbanisme de développement et d’accueil. L’enjeu actuel est donc d’intégrer à la ville tous les gens en difficulté d’accès au logement.

Hillary WAINWRIGHT (Magazine Red pepper, Royaume-Uni) prend alors la parole : elle estime que la gauche doit davantage penser au local comme argument stratégique. Il s’agit en réalité, par l’urbain et le local, de plonger les racines d’une nouvelle démocratie au niveau populaire, afin d’atteindre les gens qui, dans le désespoir, votent parfois à l’extrême-droite. L’un des grands lieux de cette action locale sont les services publics, parfois ou totalement privatisés dans les villes britanniques et irlandaises : là les mouvements de gauche et de travailleurs forts constituent de véritables poches de résistance, comme à Dublin ou à Newcastle. Alors que les partis sociaux démocrates n’ont jamais éduqué les citoyens aux services publics, ce qui entraîne une dilution des valeurs du service public et leur possible commercialisation, il faut désormais un fort contrôle démocratique et une gestion publique selon les besoins du peuple. Ces questions devront être au centre du Forum social.

Cesare Otolini (Habitat international coalition, Italie) constate également l’existence de résistances locales ; mais il pose une question complémentaire : y a-t-il des réussites ? De surcroît, parler d’autonomie des pouvoirs locaux masque le fait que la décentralisation n’est souvent qu’une décharge des responsabilités sans moyens associés. Si les succès locaux sont importants, ils ne suffisent donc pas : et il faut exiger que les institutions internationales, comme l’Union Européenne ou les Nations Unies (dans le cadre des Rencontres Habitat) agissent véritablement. Ainsi, pour ne pas se retrouver au prochain Forum à discuter des dégâts, il faut selon lui rapidement renforcer le statut des associations d’habitants au niveau local, mais aussi aux niveaux européen et global ; il faut également mettre en relation les chercheurs, les ONG, les mairies, au sein d’une plate-forme d’échanges et d’initiatives.

Conformément aux règles du FSE, la parole est ensuite donnée à la salle. Un militant de Newcastle affirme qu’on ne reçoit pas les droits, mais qu’on doit les (re)gagner par la lutte : les victoires locales peuvent paraître petites par rapport aux revendications globales contre l’OMC, etc. Mais la somme de ces victoires est énorme. « Think global, act local », conclut-il.

Un autre militant de Newcastle s’accorde à dire que les luttes sont souvent défensives, et qu’il faut désormais développer des alternatives positives. Annie de Paris acquiesce sur ce point, mais pense que le droit au logement est à construire au niveau de l’État. Un des moyens de lutter serait alors de tisser des liens plus forts entre l’ensemble des précaires, et de s’appuyer sur les personnes qui travaillent au cœur des institutions. Une autre travailleuse sociale parisienne met en garde contre le risque de récupération par le néolibéralisme de la pensée : « Think global act local », par des théories comme la décentralisation. Un élu de Bobigny, après avoir dressé le constat de l’exclusion en France, plaide en faveur de la création d’un service public du logement autour du droit au logement pour tous. Mais pour un militant de Newcastle, les luttes de sans, menées par une minorité, devront travailler à organiser une majorité sur ces combats.

Elena Portaliou répond qu’il est plus que nécessaire de soutenir les ‘sans’ et les femmes pauvres dans leur droit à l’accès au logement et aux services fondamentaux, c’est-à-dire en réalité aux facilités de la ville, au Nord comme au Sud. La globalisation permet de trouver une identité commune et le succès de Cancun devrait désormais permettre une meilleure organisation pour lutter, sauver nos acquis et préserver nos droits.

Svetlana Slesanerok insiste sur le fait qu’en Ukraine les produits ont plus de droits que les personnes et que les difficultés de circulation coupent les Ukrainiens des revendications globales. Elle propose donc de réaliser une meilleure unité solidaire avec l’Est.

Jean-François Tribillon dit qu’il faut réaliser un renversement de la situation actuelle en arrêtant de dire que des citoyens réclament un logement, mais qu’ils exigent un logement en vertu d’un droit, garanti par un service public du logement.

Cesare Otolini rappelle que les ministres européens du logement vont discuter à Padoue. Il faudrait exiger que les budgets des États ou de l’UE aient au moins 1 % consacré au logement social et que la future Constitution Européenne stipule le droit au logement






 
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