FSE/ESF Forum social européen/European Social Forum - Nouvelles formes de luttes sociales en Amérique latine : Brésil, Argentine, Colombie
[FSE/ESF Forum social européen/European Social Forum]
Back to the frontpage
MALMÖ 2008 | ATHENA 2006 | LONDON 2004 | PARIS 2003 | FIRENZE 2002
FSE-ESF - Menu
Prep Process (EPA-AEP)
About ESF 2012
About Istanbul 2010
About Malmö 2008
About Athens 2006
About London 2004
About Paris 2003
About Firenze 2002

Europe on the move
European Conferences/Manifestations
Analysis/ statements for a better world

Social Forums in the World
World Social Forum
Southern Africa Social Forum (SASF)
South Asia Social Forum (SASF)
Mesopotamia Social Forum

European Social Forum Networks
Correos de los movimientos sociales
Public services
Charter // another Europe
Education

Memoria Viva
Tools and contents
Athens 2006 Reports
London 2004 Reports
Paris 2003 Reports
Other docs Paris 2003
Social Movements

FSE-ESF [ACCESS WORKSPACE]
NEW WORKSPACE
OPEN ESF HOMEPAGE

FSE-ESF [MAILING LIST]
ESF-FSE LISTS
- EUROPEAN LIST (fse-esf)
- FRENCH LIST (CIFs)
- ALL THE LISTS

FSE-ESF [SEARCH]
SEARCH IN THE SITE
ADVANCED RESEARCH
 
Memoria Viva // Paris 2003 Reports // Confrontations and articulations //

Nouvelles formes de luttes sociales en Amérique latine : Brésil, Argentine, Colombie [fr]
31 December 2003

Après l’application de politiques caractérisées comme néolibérales, la crise sociale frappe à nouveau de plein fouet divers pays de l’Amérique du Sud. Chômage et paupérisation ont progressé partout.

Des pays comme l’Argentine, le Venezuela ou l’Uruguay (qui connaît la plus grave crise économique de son histoire, avec un système bancaire en faillite en juillet 2002) se sont appauvris en termes absolus. La crise du modèle néolibéral a débouché sur des explosions sociales et des réorientations politiques.

Une question se pose : dans quelle mesure les gouvernements (Brésil, Equateur) qui avaient pour objectif une alternative au modèle néolibéral peuvent-ils conduire à bien leur expérience ?



 

PRESENTATION

Les mouvements sociaux ont pris une ampleur à la mesure des inégalités sociales qui n’ont cessé de se creuser, sous l’impact des ajustements structurels.

En décembre 2001, l’"argentinazo" a ébranlé le paysage social argentin. La victoire de Lula à la présidentielle en octobre 2002 et son investiture le 3 janvier 2003 ont ouvert une nouvelle période politique et sociale au Brésil.

Pour l’heure, le Mouvement des paysans sans terre (MST) et celui de la fonction publique représentent deux pointes avancées du mouvement social.

L’expérience bolivarienne de Hugo Chavez au Venezuela, avec l’émergence d’un syndicat indépendant, Unión Nacional de Trabajadores (UNT), et l’accélération d’une réforme agraire constituent un autre élément de la mobilisation sociale et politique.

La rébellion populaire d’octobre 2003 en Bolivie, avec sa forte composante "indigène" aymara et quechua, en est une autre expression.

Au centre des questions posées par le mouvement social, on trouve les thèmes suivants : la dette et les relations avec le FMI ainsi que les grandes banques privées du Nord ; la réponse sociale et économique à la désindustrialisation et à des économies marquées par un modèle exportateur ne répondant pas aux besoins élémentaires des populations ; le contrôle sur les ressources naturelles, face aux privatisations (contrôle sur le territoire qui est lié, plus d’une fois, à des revendications de la population amérindienne) ; la réforme agraire et les migrations internes qui "gonflent" des conurbations paupérisées ; la campagne contre l’ALCA que les Etats-Unis veulent imposer, ALCA qui a son volet militaire, entre autres, dans le Plan Colombie.

Les mouvements sociaux sont en train aujourd’hui, malgré les difficultés, de faire émerger les éléments d’une alternative.


Daniel Campione, professeur universitaire à Buenos Aires, membre de la Commission d’Investigation Sociale et Politique

Pour lui la rébellion en Argentine est représentative d’un cycle politique étendu à d’autres pays d’ Amérique Latine, Equateur , Pérou , Paraguay, Bolivie et se caractérise ainsi:

- ce sont des luttes de rues qui continuent et qui expriment des visions différentes du monde,
- leur origine est toujours dans les classes populaires,
- ces évènements sont une critique pratique et réussie, avec ses limites, de la démocratie représentative.

Ce qui distingue la rébellion argentine, c’est que, au delà d’un mouvement de protestation, c’est aussi un formidable mouvement de création de nouvelles formes d’expression populaire.

Quatre éléments fondamentaux se sont révélés dans cette rébellion: les piqueteros, les assemblées populaires, la récupération des usines par les ouvriers, l’apparition de nouvelles formes de communication et de culture populaire, qui marquent l’entrée de la nouvelle génération dans la politique.

Ces mouvements d’Amérique Latine, s’inscrivent dans un phénomène mondial qui rejette complètement les formes des vieilles internationales.

Miguel Angel Rodriguez, qui représente le Centre d’Investigations Economiques et Politiques du Chiapas, au Mexique

Il y a 10 ans, ce soulèvement au sud est du Mexique a fait prendre conscience de ce dont les plus pauvres des états pauvres du pays avaient besoin .Le zapatisme essaie d’implanter au niveau local et national, par le dialogue, un monde où chacun ait sa place.

Il s’agit également:

- de défendre la souveraineté nationale de façon coordonnée et conjointe et de s’opposer aux imminentes privatisations de l’énergie électrique, du pétrole et autres ressources naturelles.;
- de proposer des accords aux autres organisations indépendantes qui comprennent entre autres, la défense et la promotion de la culture locale, la construction de réseaux de commerce de base entre communautés, la construction de réseaux d’information et de culture à échelle locale;
- le plan formule également des revendications de base, santé, travail, éducation....pour tous.

Dans ce nouveau projet de vie , les investissements privés ne doivent pas se faire dans le cadre de traités de libre échange, l’autonomie indigène doit être renforcée. Le zapatisme ne prétend pas créer des zones libres , mais des zones insérées dans la réalité locale, sans utiliser l’armée, sauf pour défendre ce processus.

Luis Sanchez Gomez, membre de la Coordination de Défense Agua y Vida de Cochabamba, en Bolivie.

En Bolivie, deux guerres récentes : celle de l’eau en 2000, celle du gaz le mois dernier:Dans les deux cas la révolte populaire auto organisée a eu gain de cause : pour expulser une multinationale de l’eau et rendre le service public aux usagers et contre l’expropriation d’une ressource naturelle , le gaz. Dans les deux cas les intérêts affrontés étaient très puissants : par ex. l’entreprise BECHTEL , entreprise préférée des derniers gouvernements américains.

D’autres batailles , celle pour la terre et celle de la coca, ne connaissent pas le même succès : il est curieux de constater que ces mouvements sociaux très forts, très bien organisés dans ces secteurs, n’obtiennent rien. En fait , le succès vient quand il n’y a pas de directives, pas de syndicalisme, pas de verticalité , mais quand il y a autogestion. C’est un processus difficile à mettre en oeuvre et à faire admettre car les mentalités syndicalistes très organisées perdurent dans les mentalités. et les pratiques.

Plus qu’une résistance, qui a 500 ans d’age et qui n’a rien donné en Bolivie, ce qui est nécessaire c’est une réaction offensive basée sur l’auto convocation, laquelle n’exclut ni la réflexion ni la planification.

Marcela Escribano: membre de l’organisation Alternatives du Canada et du Comité de Solidarité avec l’Amérique Latine

Pour l’Amérique Latine, le XXI ème siècle a débuté d’une manière jamais connue dans l’histoire:presque partout des gouvernements élus démocratiquement , au sens néo-libéral. Par contre, nous vivons des inégalités intolérables:une dette inacceptable de 792molliards de $ dus au Nord ,800 millions de personnes dont 500 vivent en extrême pauvreté;les 80% du PIB des Amérique est concentré aux USA et au Canada.

Après avoir été un continent de révolutions, nous sommes maintenant un continent de démocraties libérales qui vit, depuis 1990,sa pire crise économique:ces gouvernements appliquent des politiques sociales et économiques qui ne correspondent pas aux besoins réels des populations et sont incapables de trouver des solutions aux crises de notre continent.

Au processus d’intégration commerciale que veulent imposer les USA via l’accord de libre échange , ALCA, répond un processus de concertation et d’articulation sociale comme on n’en a jamais vu en Amérique Latine;le sous commandant Marcos au Chiapas, en est l’exemple symbolique.

L’ALCA est pour nous tous une nouvelle forme de domination impériale à travers un véritable saccage des richesses de chacun de nos pays , avec en plus une nouvelle forme de domination idéologique et militaire du continent. La lutte contre l’ALCA est le cheval de bataille des grands rassemblements :à Cuba, fin janvier pour continuer les actions stratégiques; en mars , à Quito, le premier Forum Social des Amériques.

Eric Toussaint: président du CADTM

- 1°la question de la dette: centrale pour l’ensemble du tiers monde, elle s’est exacerbée dans les années 80 en Amérique Latine:entre 98 et 2002, le montant net des transferts négatifs( =différence entre nouveaux prêts et montants remboursés) vers les créanciers, ont dépassé 200 milliards de$;en conséquence, aucun gouvernement ne peut rembourser la dette, et en même temps satisfaire les besoins essentiels des populations : emploi , santé , éducation, préservation des ressources naturelles.

- 2° les accords bilatéraux sur l’investissement:ce sont les nouveaux habits de l’AMI, rejeté en 98.Les transnationales européennes, appuyées par leur gouvernement, jouent un rôle considérable.

- 3°les nouvelles expressions des acteurs et actrices sociales:le fait marquant, c’est que les organisations indigènes en affirmant clairement leur identité plurinationale, au lieu de se cantonner dans une démarche simplement identitaire, se sont imposées dans une démarche universelle: revendication de l’identité accolée à des revendications universelles, comme la récupération du contrôle public des richesses nationales.

- 4° la capacité de résistance:c’est le seul continent où la multiplication des luttes a abouti à des victoires partielles et a empêché d’aller plus loin dans les privatisations;ex Cochabamba en Bolivie, Arequipa au Pérou.

- 5° le problème du pouvoir:non résolu nulle part; on se débarrasse de dirigeants qui ne tiennent pas les promesses, mais la question qui se pose , c’est par qui les remplacer .Un autre point, c’est qu’il ne s’agit pas simplement d’aller au pouvoir dans n’importe quelles conditions et de déterminer également quelle relation on a avec le pouvoir:abandonner la mobilisation sous prétexte que ce sont les amis qui sont au pouvoir et que , même s’ils ne font pas exactement ce qu’il faut , ce serait pire s’ils n’y étaient pas. C’est la question qui se pose au Brésil avec Lula: va t-on mettre la pression pour l’obliger à un virage à gauche ou bien risquer d’aller vers un désastre politique et social qui dépassera largement le Brésil et durera.

6°La lutte du peuple bolivien:c’est la mobilisation de plusieurs nations pour reprendre le contrôle des ressources naturelles du pays et mettre dehors les transnationales;la problème qu’elle pose , c’est comment re transférer au public , les services et les industries. Pour E.T., il s’agit d’un nouveau cycle qui commence qui va réellement défier le néo-libéralisme.

Marcos Costa Lima: Professeur Universitaire et philosophe, Brésil

L’ALCA, plus qu’une zone de libre-échange, une redéfinition du projet hégémonique des Etats Unis.

-1.La mondialisation. L’ALCA apparaît au moment où les Etats Unis souffrent de la concurrence européenne. Au moment où deux impérialismes se confrontent pour l’Amérique Latine, il reste le consensus de Washington, qui est un projet d’ajustement très violent qui exige de nos pays la dérégulation financière, la dérégulation de tous les acquis sociaux, la flexibilité, l’obligation de privatiser les secteurs "non tradable" etc.

Le phénomène est mondial mais frappe plus fort nos pays dépourvus de"état providence" C’est le monde des actionnaires, des Fonds de Pension, des Fonds Mutuels, etc, dont le seul intérêt est de faire tourner le capital le plus vite possible, sans se préoccuper de l’utilité des investissements.

- 2. Quelques aspects importants de l’ALCA Il reprend des dispositions de l’AMI : dans l’affaire Bechtel, il faut savoir que si l’ALCA avait était en vigueur, la Bolivie serait obligée de payer 25 M de $ à cette compagnie qui, au départ, avait à peine investi 500.000 $. C’est du vol pur et simple. L’asymétrie présente dans le cadre de l’ALCA est énorme:.les USA avec le Canada et le Mexique représentent le 88% du PIB des Amériques. Le reste, y compris le Brésil: 12%.

- 3.Asymétrie de l’accord : L’ALCA est un accord qui va bénéficier surtout au Canada et, évidemment aux USA.

Les entreprises transnationales mexicaines et brésiliennes ont un poids très faible dans l’ensemble. Les entreprises qui s’estiment lésées par une disposition prise par un gouvernement, pourront porter plainte contre ce gouvernement.devant le tribunal de l’ALCA;cette exigence affecte la souveraineté des pays.

Un autre aspect: il est prévu que les appels d’offres soient, à tous les niveaux de l’état , ouverts aux entreprises étrangères, mettant ainsi en concurrence , de petites entreprises nationales avec des trans-nationales auxquelles, une fois installées, on ne pourra plus imposer aucune contrainte.

En résumé l’ALCA n’est pas un accord de négociation, mais un accord d’annexion. Interventions de deux camarades argentins retraçant la reprise en main de l’outil de production par les ouvriers, dans les usines Zanon et Bruckman en Argentine qui s’est faite avec un soutien local et internationale dans le premier cas , et s’est accompagné d’expulsions répétées dans le second. Dans les deux cas, la production a été maintenue ou améliorée.

DEBATS

quelques interventions significatives:

Un intervenant brésilien souligne que Lula a adopté le programme de son prédécesseur sans rien changer et que les résultats sont catastrophiques:salaires - 14% depuis 2002 , 585 000 chômeurs de plus, profits des banques + 45%. En 2002 le pays a payé 114 milliards d’intérêts sur la dette et va en payer 154 milliards en 2003.Contrairement à ce que fait Lula, il faut casser avec le FMI et arrêter de payer la dette.

Un piquetero argentin dénonce la répression dont est victime le mouvement actuellement et affirme sa solidarité avec le peuple bolivien.

Une députée vénézuélienne rappelle la situation de ce pays dans lequel la presse est aux mains de la bourgeoisie et fait de la contre information pour discréditer le gouvernement Chavez. Elle exhorte l’Europe à rechercher une information véritable sur tout ce qui se passe dans ce pays. Elle rappelle que son pays dit fermement non à l’ALCA et à l’OMC

Un Brésilien se dit effrayé de voir qu’on est en train de reproduire dans des moules différents, la politique de la pensée unique qui a sa matrice dans le néolibéralisme. Selon lui, il se développe au Brésil un climat d’inhibition du débat et de la critique qui reproduit ce contre quoi on a lutté;.toute critique vis à vis du gouvernement vous fait taxer de réactionnaire.

Un représentant du CADTM Mali, exprime la solidarité et l’émerveillement des Africains devant les luttes des camarades latino américains. Il demande que faire pour que chaque fois qu’il y a un résultat , ne se reproduise les mêmes phénomènes qui nécessitent à nouveau les mêmes luttes.

Une Colombienne vivant en France appelle les Français à ne pas rester au niveau émotionnel et à briser l’enfermement qu’ont mis en place les médias pour faire de la Colombie un pays de narcos, de guérillas et rien d’autre, de la Bolivie, un pays qui fait un coup d’Etat tous les trois mois, etc.. Elle demande la mise en place d’une information véritable comme solidarité avec les peuples d’Amérique Latine..

QUELQUES REPONSES

Marcos Costa Lima confirme que la presse présente Chavez comme un bouffon, et ne dit rien de la réforme agraire qu’il a mis en place ni des travaux urbains pour éradiquer les bidonvilles. Il souligne la nécessité de consolider les réseaux d’information étant donné que le continent est très fragmentaires et que les contacts étroits entre les différents mouvements n’ont commencé qu’il y a 20 ans environ.

Eric Toussaint confirme également la campagne de dénigrement systématique dont est victime Chavez maintenant en position anti-impérialiste tout à fait claire. Il rappelle un point essentiel de la Constitution qui déclare anticonstitutionnelle , toute loi qui prévoirait de transférer à l’étranger le contrôle des ressources naturelles.

En réponse à une interpellation sur le sujet de la solidarité entre mouvements européens et d’Amérique Latine, il affirme qu’elle existe bien , comme le montre l’affluence considérable à ce séminaire, qu’elle ne répond pas à tout, évidemment et qu’il faut bien sur la renforcer.

Luis Sanchez Gomez répond à la question: comment éviter qu’un mouvement autonome, auto convoqué ne soit récupéré par la droite? Pour lui, cela ne se pose pas ainsi, car les gens ne se laisseront pas déposséder; c’est une lutte incessante, c’est un défi qu’il faut assumer. et il affirme sa confiance.

Pour Daniel Campione, face à la bourgeoisie qui tente d’obtenir que les classes populaires et les mouvements sociaux cessent de chercher des solutions en eux-mêmes et qu’ils se confient à nouveau à la capacité de décision des gouvernements., il s’agit de développer la conscience de la capacité des mouvements à prendre des décisions conséquentes. Il ne faut pas avoir peur d’assumer la lutte.






1 Message

 
article au format texte pour impression Print this article
ORGANISATIONS
- Alternatives
- ATTAC Suisse
- CADTM France
- Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale (CEDETIM)
- Confédération Paysanne
- France Amérique latine (FAL)
- Globalise Resistance
> All the organisations


SPEAKERS
- CAMPIONE Daniel
- RODRIGUEZ Miguel Angel
- GOMEZ Luis Sanchez
- ESCRIBANO Marcela
- COSTA LIMA Marcos
- TOUSSAINT Eric
>> All the speakers


THEMES
- SOCIAL MOVEMENT
>> All the thematics


COUNTRIES/REGIONS
- COLOMBIA
- BRAZIL
- ARGENTINA
>> All the countries/regions
FSE/ESF Forum social européen/European Social Forum
Website built with SPIP, free-software | Hosted by the RAS, Union and Organization Network | CONTACTS | WEBMASTER | FRONT |ADMIN