FSE/ESF Forum social européen/European Social Forum - La problématique de l’eau en Afrique
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La problématique de l’eau en Afrique [fr]
16 January 2004

 

Cet atelier a rassemblé des représentants d’associations africaines en provenance du Ghana, de Côte d’Ivoire, du Congo K., du Togo, du Cameroun. Etaient également présents des ressortissants du Tchad, du Maroc (coanimation de l’atelier), l’association Survie et Attac Marseille, un représentant de Eau Vive.

La première étape de l’atelier a permis de présenter l’histoire et l’actualité des mouvements associatifs qui se mobilisent contre la privatisation de l’eau, et les raisons de cette mobilisation qui traverse aujourd’hui tous les continents.

Cela a fait ressortir le peu de crédibilité dont certains gouvernements africains bénéficient aujourd’hui auprès de leurs populations, puisque certains ont exprimé une telle méfiance à leur égard qu’ils font davantage confiance aux multinationales qu’à leurs propres structures publiques. Cela dit, l’atelier n’a pu que constater l’ignorance dans laquelle tous sont tenus des modes effectifs de gestion de l’eau dans leurs pays.

Si des sociétés publiques sont les têtes d’affiches des organismes de production et de distribution de l’eau (supposée potable), en réalité elles masquent généralement des sociétés privées, et dans le monde francophone, voire anglophone, des multinationales françaises.

Des privatisations récentes ont eu lieu au Gabon (il y a 3ans), au Maroc (98). En Côte d’Ivoire, au Sénégal, en Tunisie et en Algérie, l’eau est déjà privatisée. La première nécessité est donc de sortir de cet état de non information, qui n’est pas légitime. La coalition nationale des associations ghanéennes contre la privatisation de l’eau a raconté son expérience de lutte contre la privatisation, qui est récente et date de ces dernières années.

Le FMI et la Banque Mondiale présentent en effet aux pays qui sollicitent leur aide, ou qu’ils ont repérés comme susceptibles d’en avoir besoin, la privatisation comme une condition incontournable pour en bénéficier.

Ils les engagent alors dans un processus non transparent : le détail des dossiers reste secret, les associations qui souhaitent en prendre connaissance se heurtent à un refus catégorique. Les conditions des marchés établis avec les sociétés multinationales sont émaillées de dons directs au personnel des gouvernements, de clauses financières affichées mais non respectées.

L’argument souvent invoqué du manque de compétences techniques locales en matière de production et de gestion de l’eau s’avère sur le terrain totalement inopérant, puisque la privatisation n’entraîne pas de changement de personnel technique, tout au plus sa réduction.

Les Ivoiriens ont fait part du contexte de leur pays, en état d’instabilité politique. La question se pose de savoir si l’arrivée à expiration du contrat de concession dont bénéficie Suez (à confirmer) au mois de décembre 2003, et l’impossibilité dans laquelle est le gouvernement de procéder à une reprise en main du débat sur l’eau et à l’organisation d’une alternative n’est qu’une coïncidence. La pression qu’exerce la multinationale sur le gouvernement en difficulté pour renouveler sa concession est évidemment très forte.

Les Ghanéens ont fait part de l’argument qu’on leur avait fait valoir de la situation en pays francophone, où l’eau est privatisée et où tout s’y passerait bien. L’eau distribuée, dite potable, n’est pas potable, loin s’en faut. Elle n’est ni incolore (rougeâtre), ni inodore, ni sans saveur.

Elle nécessite un traitement lourd : les familles en sont réduites à la laisser décanter dans les bassines pendant des heures, puis à la faire bouillir pour la désinfecter, ce qui, quand on connaît les ressources énergétiques dont disposent les familles urbaines ne fait que s’ajouter au prix de l’eau et aux problèmes que pose une telle gestion. L’eau qui arrive aux bornes fontaines dans les milieux urbains n’est pas non plus disponible en permanence : il faut attendre parfois plusieurs heures avant de pouvoir remplir sa bassine.

La question du financement des investissements nécessaires pour arriver à généraliser l’accès à l’eau pour tous est évidemment posée. Les pays du Nord exploitent très largement les richesses naturelles des pays du Sud : minerais en tout genre, pétrole, uranium, gaz, bois, pierres précieuses, or et argent, cuivre, cobalt, nickel, manganèse, titane, et autres métaux rares pour l’armée et l’aéronautique, tous ces prélèvements dans le milieu naturel posent des problèmes d’environnement, et de destruction des ressources naturelles colossaux.

Les sites sont loin d’être exploités dans la sécurité du milieu écologique et des habitants : extraction d’uranium polluant l’eau des rivières et l’eau souterraine, irradiant les ouvriers et la terre, extractions pétrolières polluant également les milieux aquatiques, disparition des forêts causant des dégâts en tout genre, la liste est longue.

Les rémunérations offertes par les exploitants de ces extractions ne vont pas aux populations locales, mais aux gouvernements, qui souvent n’en redistribuent qu’une infime partie, et financent surtout la police et l’armée pour maintenir la pression sur les populations. L’idée d’une juste taxation de ces exportations pour approvisionner un fonds mondial de l’eau, qui lui-même servirait à financer les investissements que les collectivités locales de ces pays doivent faire pour garantir à leurs populations un accès à l’eau potable et en quantité minimale est donc acquise.

Synthèse de différents thèmes abordés

- La question de l’eau est un enjeu majeur tant au Nord qu’au Sud, à ceci près que le Sud est confronté à un manque de ressources financières et à la pression des entreprises du Nord.

- Le modèle français de délégation confiée aux trois sœurs multinationales de l’eau, Lyonnaise, Véolia et Bouygues est très répandu dans le monde. Le droit à l’information les concernant est très protégé. De nombreux contrats de délégation devraient arriver à leur échéance ces prochaines années.

- La privatisation de l’eau ne permet pas l’accès à l’eau des plus démunis, car elle produit une eau insuffisante en qualité comme en quantité, et en retire des bénéfices considérables. Les institutions internationales la privilégient pourtant systématiquement, en octroyant des prêts aux états (Banque Mondiale et le FMI) à la condition qu’ils les rétrocèdent ensuite au privé, idem pour les aides au projets de développement.

- La reconnaissance de l’accès à l’eau et à l’assainissement comme droit fondamental de tout être humain est incompatible avec la privatisation et la recherche de profits.

- La gestion démocratique en régie publique de l’eau est la seule adaptée, car elle seule permet un contrôle local et l’adaptation des choix techniques et économiques et sociaux au contexte local.

- Le manque de ressources financières est un obstacle majeur à l’accès de l’eau au Sud, et demande une organisation spécifique.

Propositions et mises en oeuvre d’alternatives

Les associations présentes, en provenance du Ghana, de la Côte d’Ivoire, du Cameroun, du Congo K., du Togo, et du Maroc, en arrivent aux propositions suivantes :

- Bien connaître la situation de l’eau dans chaque pays (régie publique directe ou délégation ...) : savoir qui détient le contrôle quand il s’agit d’entreprises privées, quel est le contenu des contrats, leur durée, la date de leur expiration, les données juridiques locales de cette passation de contrat.

- Fédérer les associations locales en lutte contre la privatisation de l’eau, continuer les débats sur les partenariat Public/Public et Public/Privé.

- Organiser un réseau d’échanges d’information dans le cadre de la Coalition Mondiale contre la privatisation et la marchandisation de l’eau, créer un site Internet pour permettre un accès large et rapide à l’information.

- Financer les investissements nécessaires pour l’accès à une eau réellement potable et en quantité suffisante par un Fonds Mondial de l’Eau alimenté par une taxation sur les ventes de minerais (activité très polluante), le commerce international des armes, et celui de l’eau.

- Organiser la démocratie participative pour la gestion de l’eau en milieu urbain et en milieu rural, en impliquant collectivités et ONG locales, et aider les collectivités à s’organiser pour protéger leurs ressources en eau.

- Faciliter les rencontres et les échanges au niveau international sur les questions de l’eau à l’occasion des grands rendez-vous comme le forum social de l’eau à New Delhi, le FSM de BOMBAY en 2004






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