FSE/ESF Forum social européen/European Social Forum - La zone de libre échange en Méditerranée, instrument de domination de l’Europe : enjeux et alternatives
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La zone de libre échange en Méditerranée, instrument de domination de l’Europe : enjeux et alternatives [fr]
8 December 2003

 

Jean Luc Cipière d’ATTAC France a rappelé les principales caractéristiques du partenariat entre l’Europe et les pays de la rive sud de la Méditerrannée. Ce processus se matérialise par une série d’accords d’association passés entre douze pays de la rive sud (dont Israël, la Turquie, Chypre et Malte) et l’Union Européenne. Ces accords comportent à chaque fois trois volets qui concernent les aspects économiques, politiques et sociaux. Si au départ, les objectifs affichés dans la déclaration initiale s’inscrivent dans une "perspective de paix et de prospérité", il s’agit avant tout, pour l’Union Européenne, d’imposer une logique libre échangiste à ses partenaires du sud. La seule perspective pour sortir du non développement offerte par ce partenariat, c’est l’intégration au marché mondial à travers la disparition progressive de lrus barrières douanières et tarifaires et la dérégulation et la privatisation de leurs économies. Mais, avec ces accords, l’Union Européenne entend aussi imposer sa gestion sécuritaire des flux migratoires et affirmer son rôle dans la région face aux Etats-Unis y compris dans le conflit israélo-palestinien. Un rôle qui ne ne concurrencera surtout pas le leadership américain et qui révèle à la fois la volonté de domination économique de l’UE vis-à-vis de ses voisins du sud et sa faiblesse stratégique vis-à-vis des Etats-Unis.

Enfin, ce Partenariat prétend se construire sur la nécessité de promouvoir la démocratie. Chacun connaît l’article II contenu dans tous les accords d’association et au terme duquel le non respect des droits civils et politiques par l’une des parties contractantes vaut motif de dénonciation du contrat par l’autre. Qu’en est-il ? Non seulement ça ne marche pas, mais c’est l’inverse qui se produit . Les dictatures ont trouvé dans les Accords d’Association ratifiés avec l’Union une source de légitimité que leurs pratiques n’étaient pas en mesure de leur octroyer dans leur propre pays.

Souad Guennoun d’Attac Maroc s’attache à nous révéler le caractère pernicieux de ce type d’accord : l’Union Européenne nous vend un hypothétique appui au développement contre des restrictions aux pays du sud et en particulier sur le contrôle des flux migratoires. La vision "généreuse" de ces accords est véritablement démentie par les faits : balance commerciale favorable à l’Union Européenne, solde du transfert des devises négatif pour les pays du sud et positif pour ceux de l’Union Européenne. En 2001: 90 milliards de dollars de déficit pour l’Afrique dont 8 milliards de dollars pour la seule Afrique du Nord. Face au credo libéral avec pour seule explication que "les politiques seraient bonnes" les multinationales ont réussi à imposer leurs intérêts à travers les plans d’ajustements structurels et la marche forcée vers les privatisations des services publics au Maroc comme Maroc Télécom, l’eau, l’électricité puis l’énergie et les transports. La mécanique des privatisations est aujourd’hui bien rodée : On remet à flot des entreprises publics qui étaient minées par la corruption pour les revendre aux multinationales. Dans ce processus, les citoyens sont plusieurs fois perdant : perte de patrimoine, argent mal réinvesti, disparition des revenus des services rentables qui servaient à équilibrer les pertes des services non rentables, compression des personnels, augmentation du salariat précaire... De 1987 à 2001 plus de 50% des investisseurs étrangers étaient français avec des groupes tels que Bouygues, Vivendi ou la Lyonnaise des Eaux qui se payent la part du lion. Aujourd’hui on pousse même un service public comme l’Education à mieux coller aux impératifs du marché de l’emploi et la formation professionnel est considéré comme un marché. Pour Méditerranéen Maroc les privatisations ne font qu’accroître les inégalités, provoquent la dilapidation du patrimoine national et poussent les politiques à ne plus proposer des propositions alternatives en faveur d’un développement durable. Il faut redéfinir les priorités budgétaires d’un pays tel que le Maroc dans le sens suivant : affirmer la souveraineté économique du Maroc, travailler à la sécurité alimentaire du pays et à la protection de l’environnement... Non à une Europe libérale, une autre Méditerranéen est possible.

Ali El Baz de l’Association des Travailleurs Maghrébins en France (Méditerranéen) décrit la politique désastreuse de l’Union Européenne à l’encontre des migrants : Les pays de la rive sud de la Méditerranéen doivent subir les pressions des pays du Nord pour faire appliquer des restrictions en matière d’immigration. A travers ce rapport de domination des pays du nord sur ceux du sud c’est comme l’acceptation d’une forme d’humiliation. Les immigrés doivent subir une répression de plus en plus sévère qui les conduits souvent à la mort dans l’indifférence des médias. Nous assistons au blocage des frontières, à une augmentation de la répression des immigrés plutôt qu’à ceux qui s’en servent, à une communautarisation de la police et le développement de brigades qui agissent internationalement. Au niveau du Détroit de Gibraltar l’Union Européenne préfère investir des millions d’euros pour bloquer la frontière plutôt que de promouvoir la solidarité entre les êtres humains. La situation des migrants à l’intérieur de l’Union Européenne se détériore avec un morcellement de plus en plus affirmé des droits sociaux et la précarisation par des titres de séjours accordés de plus en plus pour des périodes courtes. La question des quotas, comme la limitation des titres de séjour correspond à des logiques inspirées par des entreprises qui visent à mettre en concurrence des salariés en nivelant toujours plus leur statut vers le bas. L’idéal étant d’arriver à une main d’oeuvre la moins chère possible, et en la matière, le top semble être le travailleur clandestin. Pourquoi les sans-papiers doivent-il attendre 10 ans une carte de séjour si ce n’est l’aveu des politiques sur l’utilité de cette main d’oeuvre ? Plus gravissime encore est la mise en concurrence qui s’organise entre les travailleurs du Sud et ceux de l’Est .

Dans les propositions que fait Méditerranéen :

- Dénoncer toutes les lois anti-immigrés, arrêter la stigmatisation ou la criminalisation de ces populations

- Organiser une campagne européenne pour la régularisation de tous les sans-papiers

- La liberté d’installation et de circulation pour les citoyens du sud de la même façon dont en bénéficie les citoyens du nord

- Transfert de droits sociaux vers les pays du sud.

Si l’on veut arrêter les mouvements migratoires vers le nord, les pays du sud ont besoin d’une société civile forte pour développer les droits sociaux. Face à une société civile aussi fragile, il faudrait se battre sur le terrain des droits civiques. Parce que pour travailler à la défense des droits dans les pays du sud nous avons besoin de la démocratie et vous, européens, vous pouvez y contribuer.

Khemais Chamari militant des droits de l’homme tunisien exprime sa déception à propos du partenariat euro méditerranéen et en tire un bilan négatif : Il qualifie ce processus de vaguement social, de volontairement sécuritaire et qui ignore les citoyens. Il regrette que les pays partenaires ne se soient jamais prononcés dans les situations de violation des droits de l’homme. Un exemple des plus choquant est le manque de courage des autorités de l’Union Européenne qui tolèrent même que le gouvernement tunisien bloque les subventions européennes destinées à la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme.

Fathi Chamki du Raid-Attac Tunisie observe que les accords liant l’Europe à la rive sud de la Méditerranéen par leur caractère anti-démocratique ont même renforcé la dureté des régimes autoritaires qui s’appuient dessus pour réduire encore plus les droits des populations. Les multinationales se servent de ces accords pour mettre la main sur l’économie tunisienne.

Jihad Akel du Front Démocratique pour la Paix et l’Egalité en Israël relève que les effets des privatisations en Israël sont du même type qu’au Maroc et que l’on assiste à une aggravation dans la détérioration des droits sociaux et une augmentation de la répression des militants syndicaux. Aujourd’hui les mouvements de grève en Israël sont très liés aux privatisations comme dans le domaine des transports. La spécificité du gouvernement et du patronat israélien est le recours à une violence qui ne s’exerce pas uniquement à l’encontre des palestiniens à l’intérieur des territoires occupés. Jihad Akel déplore aussi la traite des femmes dont certaines sont enfermées et exploitées. Le mouvement social se doit de renforcer la fraternité entre israéliens et palestiniens.

En conclusion, les éléments forts qui ressortent du débat sont :

- La démocratie est un préalable à toute campagne de sensibilisation de l’opinion. Le combat pour la liberté d’expression dans tous les pays est donc primordiale.

- La politique de fermeture des frontières en Europe est inacceptable tout comme les complications dans la délivrance des visas : Il faudrait développer des campagnes sur le thème du "droit à circuler librement."

- Le partenariat économique entre l’Europe et la Méditerranéen et ses effets sont encore méconnus du grand public. Il y a nécessité de faire des campagnes de vulgarisation sur ce thème.

- L’idée de lancer des campagnes menées conjointement par les militants des deux rives de la Méditerranéen est avancer en ce qui concerne les points précédents.






 
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