FSE/ESF Forum social européen/European Social Forum - Tchétchénie : dix ans de guerre en Europe. Quels enjeux, quelles voies de sortie du conflit ? Quelle solidarité ?
[FSE/ESF Forum social européen/European Social Forum]
Back to the frontpage
MALMÖ 2008 | ATHENA 2006 | LONDON 2004 | PARIS 2003 | FIRENZE 2002
FSE-ESF - Menu
Prep Process (EPA-AEP)
About ESF 2012
About Istanbul 2010
About Malmö 2008
About Athens 2006
About London 2004
About Paris 2003
About Firenze 2002

Europe on the move
European Conferences/Manifestations
Analysis/ statements for a better world

Social Forums in the World
World Social Forum
Southern Africa Social Forum (SASF)
South Asia Social Forum (SASF)
Mesopotamia Social Forum

European Social Forum Networks
Correos de los movimientos sociales
Public services
Charter // another Europe
Education

Memoria Viva
Tools and contents
Athens 2006 Reports
London 2004 Reports
Paris 2003 Reports
Other docs Paris 2003
Social Movements

FSE-ESF [ACCESS WORKSPACE]
NEW WORKSPACE
OPEN ESF HOMEPAGE

FSE-ESF [MAILING LIST]
ESF-FSE LISTS
- EUROPEAN LIST (fse-esf)
- FRENCH LIST (CIFs)
- ALL THE LISTS

FSE-ESF [SEARCH]
SEARCH IN THE SITE
ADVANCED RESEARCH
 
Memoria Viva // Paris 2003 Reports // Confrontations and articulations //

Tchétchénie : dix ans de guerre en Europe. Quels enjeux, quelles voies de sortie du conflit ? Quelle solidarité ? [fr]
3 January 2004

Dix années presque ininterrompues de guerre d’une extrême violence pour la population de Tchétchénie, mais aussi de multiples conséquences pour la Russie...



 

Ce qui se passe en Tchétchénie, massacres des civils, opérations de nettoyages, arrestations ciblées, tortures, viols, des milliers de disparitions, relève de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, commis en toute impunité. Il a notamment été souligné la distorsion flagrante entre le discours officiel qui présente la guerre comme une opération anti-terroriste qui serait menée en somme « pour le bien des civils » et la réalité du conflit, dans lequel c’est l’ensemble de la population qui est considéré comme terroriste en puissance et victime effective ou potentielle de la violence des militaires sur place. Il a été également rappelé la disproportion des forces sur le terrain et celles des crimes commis. L’impunité quasi générale des militaires coupables de crimes contre les civils est un autre élément qui renforce le sentiment de désespoir et d’abandon des Tchétchènes.

Depuis le début de la guerre, l’attitude du pouvoir russe a été conforté par la conjoncture internationale et la grande passivité des États occidentaux, malgré quelques timides critiques au début de la guerre, notamment du côté français, qui ont très facilement accepté le discours de l’opération anti-terroriste et les faux semblants de procédures démocratiques que mettaient en place les autorités russes, (notamment de fausses coopérations avec les ONG qui visaient à mieux masquer les crimes tout en donnant au monde des gages de bonne conduite), puis surtout le discours de la « normalisation » : Cette politique de leurre et d’hypocrisie, à destination de l’opinion publique russe mais surtout de la communauté internationale, s’est traduite ces derniers mois par un référendum et une élection présidentielle, dont les résultats (taux de participation faramineux, et « victoire éclatante » des solutions préparés par Moscou et du candidat des russes, A. Kadyrov) ont été chaque fois falsifiés.

En fait de normalisation, la situation sur le terrain reste caractérisée par une totale insécurité pour la population civile, en proie aux violences des militaires russes, à la délation de plus en plus fréquente, témoin d’un pourrissement interne de la situation, et aux exactions des milices tchétchènes recrutées par A. Kadyrov. L’objectif de ce processus de normalisation est de disqualifier définitivement les autorités tchétchènes et leur président, A. Maskhadov, élu en janvier 97, en imposant un pouvoir aux ordres de Moscou, alors qu’un processus de paix véritable ne peut passer que par des négociations entre les parties en conflits. Par ailleurs, les autorités russes font tout, surtout depuis le 11 septembre, pour placer le conflit tchétchène dans le cadre de la « lutte contre le terrorisme international », cause qui semble avoir aujourd’hui rallié l’ensemble des puissances occidentales. Malgré des désaccords sur certains dossiers comme lors de la guerre en Irak, il faut bien comprendre que V. Poutine est aujourd’hui le meilleur allié du président Bush dans sa croisade anti-terroriste.

Les deux guerres de Tchétchénie correspondent aussi à l’évolution de l’Etat russe et de la société : reflux de la démocratie et déceptions eu égard aux espoirs générés par la perestroïka. Militarisation de la société russe, diffusion de la violence, montée de la xénophobie, rassemblement autour d’une idée de puissance restaurée et de la construction d’un ennemi commun de l’intérieur, restriction des libertés (presse, expression, critique...). De ce point de vue, la guerre en Tchétchénie peut être considérée comme emblématique, un « écho amplifié » comme le rappelait une des intervenantes, de l’ensemble de l’évolution politique et sociétale de la Russie. Constat pessimiste, la société civile, très active pendant la péréstroïka, ne se mobilise plus, et en tout cas pas pour la Tchétchénie, encore moins maintenant que pendant la première guerre en 94-96.

Les propositions d’alternatives

Dans le cadre d’un conflit armé, il ne s’agit pas tant de proposition « d’alternatives » que de voies de sortie et d’expression de solidarité. Compte tenu du large consensus qui semble s’être fait au niveau des États pour soutenir les autorités russes dans leur politique en Tchétchénie, ou en tout cas pour ne rien engager qui favorise une issue politique au conflit, c’est aux opinions publiques et aux mouvements de la société de se mobiliser pour renverser la tendance et amener les gouvernements à agir véritablement.

Sur le plan des conditions de sortie du conflit, il a été rappelé la nécessité de négociations pour mettre fin à la guerre et promouvoir une solution durable. Certaines différences d’appréciation ont pu apparaître, notamment sur la possibilité d’une sortie à court terme du conflit, compte tenu de ce qu’est aujourd’hui l’état russe, ou sur la possibilité d’un mouvement anti guerre fort en Russie, ou bien sur le fait qu’à la distorsion du regard porté sur les Tchétchènes par les Russes, répondait parfois en Europe une tendance à l’idéalisation de la cause tchétchène.

Le plan de paix proposé par le ministère des Affaires étrangères du gouvernement tchétchène élu, M. Ilyas Akhmadov, signé par plus de 10 000 personnes en Europe, a été évoqué comme une proposition importante, qui permet d’engager une mobilisation sur un projet précis, qui met la communauté internationale devant ses responsabilités en lui donnant un rôle important de médiateur et de garant de la paix entre Russes et Tchétchènes.

En terme de solidarité, de manière générale, de nombreux participants au débat ont souhaité que s’amplifie la mobilisation et la solidarité en France et en Europe : renforcement de la présence hebdomadaire devant l’ambassade de Russie, des syndicalistes présents ont souligné l’importance des initiatives de solidarité concrète comme le « convoi syndical » ; soutien aux comités Tchétchénie à Paris et dans plusieurs villes de province, appel à en créer de nouveaux ; rappel de la mobilisation déjà existante de nombreuses ONG françaises en Tchétchénie et en Ingouchie et de l’importance de la solidarité entre les sociétés civiles, à leur niveaux, au delà des négociations politiques.

La mise en oeuvre des alternatives

- Une mise en œuvre concrète peut être d’ores et déjà remarquée : le dimanche 16 novembre, le texte final des mouvements sociaux a retenu l’appel au retrait des troupes russes de Tchétchénie aux côtés des appels concernant l’Irak et le conflit israélo-palestinien dans les mobilisations anti-guerre à venir. Cette inscription du conflit tchétchène marque une étape dans la prise de conscience de la gravité de ce conflit et de l’enjeu qu’il représente par le mouvement altermondialiste.

- Proposition a été faite d’une grande manifestation européenne le 23 février 2004, (jour traditionnel de mobilisation en mémoire de la déportation des Tchétchènes le 23 février 1944), afin de créer une synergie en Europe entre les mouvements de solidarité avec la Tchétchénie.

- Pour renforcer la solidarité politique et symbolique, il a été proposé d’inviter officiellement des représentants des autorités tchétchènes légitimes lors de prochaines échéances de ce type.

- Il a été souligné la nécessité d’une mobilisation, notamment en France où elle a été assez faible jusque là, pour faire connaître et faire signer le plan Akhmadov.

- La vigilance et la mobilisation pour protéger le droit d’asile des Tchétchènes en Europe est un moyen important d’exercer ici, notre solidarité tout en défendant des valeurs et des droits universels aujourd’hui menacés en Europe.






3 Forum messages

 
article au format texte pour impression Print this article
ORGANISATIONS
No organisation for this doc
> All the organisations


SPEAKERS
No key-word for this doc
>> All the speakers


THEMES
- WAR
- INTERNATIONAL SOLIDARITY
>> All the thematics


COUNTRIES/REGIONS
- RUSSIA
- CHECHEN REPUBLIC
>> All the countries/regions
FSE/ESF Forum social européen/European Social Forum
Website built with SPIP, free-software | Hosted by the RAS, Union and Organization Network | CONTACTS | WEBMASTER | FRONT |ADMIN