FSE/ESF Forum social européen/European Social Forum - Nouveau capitalisme patrimonial et démocratie économique
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Nouveau capitalisme patrimonial et démocratie économique [fr]
20 January 2004

Dans la continuité d’un premier colloque qui s’est tenu à Stockholm en juin 2003 (voir http://www.econ-pol.unisi.it/econdem), le réseau européen EURED (European Union for the Research in Economic Democracy) a animé, dans le cadre du FSE, un atelier consacré au lien entre les nouvelles formes de gestion du capital et la démocratie économique.



 

La démocratie économique constitue en effet ici le thème de recherche privilégié du réseau EURED qui rassemble un groupe de chercheurs (économistes, sociologues, historiens) ainsi que des délégués de syndicats et de partis, pour la plupart issus du réseau Transform ! - comprenant Espaces Marx (France), Rosa Luxembourg Foundation (Germany), Magazin Socialism (Germany) Foundation Nicos Poulantzas (Greece), Fundacion de Investigaciones Marxistas (Spain), Transform Italy, Center of Marxist Studies (Sweden), Transform Austria. Ainsi donc, les participants de l’atelier établissent le constat suivant.

Avec l’abrogation du système de Bretton Woods en 1971 et les deux crises pétrolières en 1973 et 1976, le capitalisme occidental est entré dans une nouvelle phase, celle de la globalisation financière. L’abandon des politiques économiques keynésiennes par les équipes gouvernementales américaines et européennes, ainsi que la libéralisation des marchés financiers à l’échelle internationale, définissent un nouvel ordre social et des nouvelles formes de conflit.

La libre circulation de quantités énormes de capitaux engendre en effet une recherche effrénée de la rentabilité financière par les acteurs économiques, subordonnant ainsi à sa logique soit la régulation de l’économie par les institutions publiques soit les droits sociaux liés auparavant au rapport salarial.

Dans ce contexte de financiarisation de l’économie, les grandes entreprises ont mis en place des nouvelles formes de « gestion et de répartition du capital et du risque » : la montée de contrats à temps partiel, l’actionnariat salarié, les stock-options, les fonds de pension, les fonds éthiques, etc..

L’introduction de ces nouveaux modes de gestion du capital des entreprises a souvent été interprétée, par leurs promoteurs, comme un moyen de rapprocher les intérêts du capital et du travail et par conséquent, de mettre un terme à tous les antagonismes qui caractérisaient jusqu’alors le rapport salarial.

Mais qu’en est-il réellement de ces dispositifs inédits de gestion du capital des entreprises ? S’agit-il réellement d’une réappropriation du capital par les salariés ? Et dans quelle mesure ces formes de participations salariales confèrent-elles davantage de pouvoirs aux salariés ? Génèrent-elles une véritable démocratie économique ? Quelles sont alors les limites de ce système ?

Ce faisant, Luigi Cerri (Economiste, Université de Sienne) a analysé le rapport entre la montée des fonds de pension aux Etats-Unis et le changement dans la conception de la firme, afin de discuter l’application des fonds de pension en Europe. Il a notamment démontré qu’un tel dispositif ne sera pas en mesure d’accroître la démocratie économique. Pourtant, l’introduction des fonds de pension séduit aujourd’hui en Europe certains économistes de gauche qui supposent que l’accumulation de l’épargne des travailleurs dans des fonds propriétaires du capital des entreprises pourrait altérer le rapport capital/travail et conférer ainsi, aux travailleurs, un pouvoir décisionnel en tant que propriétaires d’actions.

Toutefois, L. Cerri a remarqué qu’un fond de pension ne peut pas être comparé aux fonds de travailleurs proposés dans les années soixante dix par Meidner. Au contraire de ces derniers, les fonds de pension sont censés être placés sur le marché de capitaux, ouvert à la concurrence nationale et internationale.

Ainsi, afin d’exercer une influence sur le conseil d’administration, les fonds de pension se verraient contraints de poursuivre des stratégies similaires à celles des fonds d’investissements privés, qui, eux, ne se préoccupent guère de sauvegarder les droits de travailleurs. La pratique des fonds de pension des syndicats américains montre en fait que leurs revendications ne s’éloignent pas du droit à la valeur actionnariale.

Etant donné que les fonds d’investissement (mutual funds) détiennent une quantité d’actions bien plus large que les fonds de pensions publics, ces derniers ne disposent pas d’un capital financier suffisant pour contrer efficacement le pouvoir du capital et doivent par conséquent s’allier aux institutions financières.

Gaëtan Flocco (Sociologue, Université d’Evry) a proposé, quant à lui, une analyse du caractère idéologique et illusoire d’un dispositif tel que l’actionnariat salarié. Son exposé s’est effectué en deux temps. Il a réalisé, dans une première partie, un bref rappel historique retraçant les origines et les différentes étapes qui ont ponctuées l’instauration de l’épargne salariale en France au cours du siècle dernier.

Ce qui l’a conduit également à revenir sur la définition et la distinction de quelques notions comme l’intéressement, la participation, l’épargne salariale, les stock-options ou encore les fonds de pension. Dans un deuxième temps, il a abordé les différentes raisons habituellement invoquées par les promoteurs de l’actionnariat salarié pour le légitimer, en tentant à chaque fois de les déconstruire et de souligner les risques qu’elles comportent.

Parmi les différentes justifications avancées en France, on trouverait ainsi l’idée d’un rééquilibrage du partage salaires/profits grâce à l’association des salariés à la hausse de la bourse, résister à l’invasion d’investisseurs institutionnels étrangers, compenser les défaillances annoncées du régime de retraite actuel par les fonds de pension, impliquer davantage les salariés dans leur travail en rétribuant leurs performances productives par les dividendes de leurs actions ou encore reconnaître de nouveaux droits aux salariés en renforçant leur pouvoir afin de contrer « la dictature des actionnaires » non salariés qui imposent la norme à suivre aux dirigeants d’entreprise.

Au final, aucun de ces arguments ne parviennent à convaincre d’une démocratisation de l’économie car ils comportent, au contraire, un certain nombre de risques importants au regard des droits des salariés, tout en leur donnant l’illusion d’une dissolution de l’antagonisme du capital et du travail. La diffusion ou l’éclatement du capital que laissent supposer l’épargne salariale et le principe des fonds de pension ne présage en rien d’une nouvelle démocratie actionnariale où l’on verrait apparaître des « citoyens actionnaires ».

Enfin, Alessandra Pelloni (Economiste, Université de Rome) a abordé la question des inégalités de revenus aux Etats-Unis. Elle a exposé un certain nombre de données, selon les différentes mesures d’inégalités existantes. A. Pelloni a notamment comparé le rapport entre le revenu des 10% plus riches et le revenu des 10% plus pauvres afin de montrer dans quelle mesure ce rapport n’a fait que croître depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. En fait, l’index d’inégalité parmi les ménages américains est aujourd’hui au niveau de celui du début du XX siècle.

Pendant la régulation du New Deal, les inégalités avaient été réduites et c’est au cours de cette période que les Etats-Unis ont vu émerger une classe moyenne. Les tendances actuelles vont dans la direction opposée. Ce qui semble avoir un impact décisif dans la montée des inégalités est la distribution des rémunérations au sein des firmes qui témoigne d’un écart croissant entre les salaires des travailleurs non qualifiés et les rémunérations des dirigeants. Pour donner un exemple, le rapport entre ces deux salaires a augmenté d’environ deux cent mille pourcent.

D’autre part, les dirigeants ont vu augmenter leur revenu grâce à l’obtention d’un nombre conséquent de stock-options. L’importance quantitative de la montée des inégalités empêche de la considérer comme un phénomène marginal dans la compréhension du capitalisme contemporain. A. Pelloni a donc conclu que tout programme destiné à une démocratisation de l’économie doit prendre en compte les causes et les effets de ces inégalités.






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