FSE/ESF Forum social européen/European Social Forum - La politique, un bien commun ?
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La politique, un bien commun ? [fr]
23 January 2003

Comment le FSE peut-il réinvestir le champ politique, mis à mal à la fois par la mondialisation capitaliste et l’empire de la marchandise, l’emprise montante des média privés (au détriment des propagandes d’Etat ou des courants politiques, disqualifiés), le démantèlement des liens sociaux, l’insuffisance ou même la régression des systèmes de formation et de l’accès aux savoirs… Quelques pistes de réflexion, à l’initiative du réseau Transform.



 

Ce séminaire agitait l’une des questions fondamentales auxquelles est confronté aujourd’hui le mouvement altermondialiste, dans son combat comme dans sa croissance : le rôle du politique.

Organisé essentiellement à l’instigation du réseau européen Transform, il cherchait à tester un sens prêté au domaine politique, tout en incluant une interrogation sur son usage actuel et un rapport nécessaire aux expériences politiques passées et présentes que portaient la plupart des participants à la table : « La Politique : bien commun ? », c’est-à-dire recouvrant un domaine incontournable pour un mouvement altermondialiste dont le développement lui repose la question des pouvoirs et contre-pouvoirs ?

C’est-à-dire, aussi, une activité pratiquée et maîtrisée par les citoyens, ou un objet de pouvoir confisqué et privatisé par une organisation du jeu politique au point de se retourner contre ce bien commun ?

La diversité des interventions put servir d’illustration à cette interrogation, de plusieurs façons : elle concrétisait l’hypothèse du bien commun en démontrant l’écho ou la reproduction des enjeux et des problèmes politiques à travers tout le continent européen, elle confrontait une fois de plus les altermondialistes à conjuguer la pluralité pour en dégager les possibilités collectives sans retomber dans les réductionnismes du passé. Quelques axes directeurs de la séance peuvent alors être repris.

Beaucoup des propos ont souligné la dénaturation du phénomène politique par sa confiscation sous des formes multiples. L’ambassadeur du Venezuela évoqua le rôle dictatorial joué par l’armée dans de nombreux pays d’Amérique Latine au XXe siècle ou le fonctionnement d’une démocratie de façade, emprisonnée dans un bipartisme perpétuel et sans alternative véritable… L. Bisky insista sur la puissance croissante des complexes d’information dans nos sociétés médiatisées, qui nourrissent en Allemagne, par exemple, les mythes idéologiques dénigreurs du système social national. L’expérience des pays d’Europe de l’Est a été retenue dont le principal acte de prise de pouvoir a été l’occupation de la Télévision…

Au delà de ces témoignages concrets, on s’intéressa en fait au cœur de la question : comment la politique pouvait-elle devenir un instrument d’oppression en n’étant plus pratiquée de façon universelle et en ne recherchant plus le bien commun ? Trois cas purent être caractérisés.

L. Weber croqua l’idéologie de l’expertise que véhicule aussi le développement de l’information : seuls les experts seraient compétents pour maîtriser la chose politique… Plus encore, lui et d’autres examinèrent la question de l’existence d’une véritable classe politique : les cercles professionnels de la politique qui ont fait du pouvoir leur entreprise particulière, T. Blair représentant le type même de cet affairisme sans vergogne qui ruine toute crédibilité à l’exercice du pouvoir…

Mais, du côté révolutionnaire, il y eut nécessité, avec R. Martelli notamment, de remettre en cause le modèle du parti d’avant-garde : au XXe siècle, il subordonna à sa logique les autres acteurs du champ public sans, au total, déboucher sur une nouvelle démocratie. L’historien français en vint même à dénoncer les formes parti, dépassées par le renouvellement des conditions politiques. Elles ont finalement reproduit les formes de la domination de l’Etat et démultiplié la délégation de pouvoir, aliénante dès lors.

Mais cette intervention rappelait aussi qu’on ne pouvait comprendre cette évolution négative sans faire le lien avec ce qui attentait au même moment au bien commun, rejaillissant ainsi sur le politique. L’emprise montante des média privés (au détriment des propagandes d’Etat ou des courants politiques, disqualifiées), le démantèlement des liens sociaux, l’insuffisance ou même la régression des systèmes de formation et de l’accès aux savoirs… tous ces éléments participent du minage du champ politique, mais aussi, et parce qu’éléments, de la destruction des biens communs qu’ils "rachètent".

La mondialisation capitaliste privatise, et développe dans des secteurs nouveaux l’empire de la marchandise et la mise en concurrence des individus isolés, jusqu’à pratiquer une biopolitique selon J. Revel. La politique périclite parce que le bien commun reflue.

Aussi le mouvement altermondialiste se trouve-t-il au gué des chemins : il ne peut se désintéresser du champ politique parce que, comme le définissait P. Cohen Seat, politique et social sont deux faces d’un même phénomène. Les séparer satisfait tout à fait le Libéralisme et renforce la domination de la première sur la seconde.

D’autres intervenants de la salle revendiquaient d’ailleurs leur appartenance à une organisation politique et la nécessité que les altermondialistes œuvrent désormais en ce domaine. A travers les analyses ébauchées se concrétisait la nécessité de faire le lien entre mouvement ouvrier d’hier et pôle altermondialiste d’aujourd’hui.

Mais la conscience était nette aussi qu’il ne pouvait y avoir une seule forme de lien entre mouvement social et organisations politiques. L’offre politique semblait jugée déficitaire. Un dirigeant du Parti Communiste Espagnol comme F. Frutos, tout en contestant l’homogénéité trop facilement attribuée à la "classe politique", définissait alors le fse comme un moteur essentiel de la lutte anticapitaliste. Comment investir le champ politique, l’échec du camp international du socialisme réel, mais aussi du modèle social-démocrate et de l’impuissance des diverses mouvances d’extrême-gauche, fermant bien des perspectives ?

Comment participer à la rénovation de l’espace politique ? Comment promouvoir le bien commun ? Comment articuler les deux comme le suggérait dès le début la meneuse des débats (J. Revel) ? L’accumulation des questions nous rappelle le point où se trouve le mouvement altermondialiste : critique, pourvu d’un nombre croissant d’analyses, mais encore timide sur les propositions alternatives et les perspectives stratégiques, encore plus sur les théories sous-jacentes. Certains intervenants décrirent des expériences nouvelles, telle A. Pizzo au sujet de la fédération de 300 communes italiennes dans un projet local de démocratie participative.

L’ambassadeur du Venezuela lui faisait écho avec les luttes nouvelles d’Amérique du Sud, notamment par l’évolution de la carte politique. L. Weber, en établissant les liens entre puissance des média et exigence croissante des Français à être informés, dégagea l’importance pour le mouvement social de construire une autonomie allant jusqu’à l’expertise.

Dans une perspective historique et théorique, R. Martelli énonçait des formes nouvelles et démultipliées de coélaboration du politique, cherchant à échapper aux rapports de hiérarchie et de centralisation qui caractérisaient les anciennes pratiques, et conciliant engagement individuel et action collective.

Au total et même si ce bilan peut apparaître comme modeste, le point le plus positif, parce porteur d’avenir, pouvait être la présence, désormais assumée, de politiques au sein de la communauté du fse et pour le bien de tous…






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