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Memoria Viva // Paris 2003 Reports // Against racism, xenophobia and exclusion //

Salariés agricoles et immigration : sortir de l’esclavagisme [fr]
3 January 2004

 

En Europe, l’intensification de la production des fruits et légumes a entraîné un besoin d’une main d’œuvre massive en fonction des pics de production et flexible en terme de conditions de travail. La production des fruits et légumes est le secteur le moins mécanisé et le moins réglementé de la politique agricole commune et donc l’un des plus soumis au libéralisme sauvage.

La commercialisation de ces productions est dominée par les grandes chaînes de distribution qui exercent une pression constante sur le prix des produits agricoles. Les producteurs sont devenus de véritables sous traitants cherchant au maximum à compresser leurs coûts mettant en place des unités de production de plus en plus grandes, des performances de rendement de plus en plus poussées.

Dans cette logique libérale, la pression que subissent les producteurs est reportée sur le dernier maillon de la chaîne : les ouvriers agricoles. Le coût du travail étant la seule variable sur laquelle le producteur peut influer, la recherche d’une main d’œuvre bon marché, soumise et corvéable à merci est la règle. Partout en Europe, cette armée de réserve est puisée parmi les populations les plus fragilisées : chômeurs nationaux déclarés ou non déclarés, immigrés légaux avec ou sans contrat de travail et immigrés clandestins. Pour les recruter, des filières légales ou illégales (1) sont organisées. Des statuts légaux de travailleur saisonnier agricole pour les migrants sont mis en place par les gouvernements (2).

Ces contrats prévoient le retour immédiat dans leur pays d’origine ce qui rend impossible toute plainte du salarié contre les abus qu’il a subi (dépassement d’horaires, pas de repos hebdomadaires, heures supplémentaires obligatoires sous payées ou non payées, absence de visite médicale, mise à disposition chez un autre employeur, pas de congés payés, pas de prime d’ancienneté, absence d’information sur les risques des pollutions agricoles, etc.), sont de courte durée et ne permettent pas aux salariés de bénéficier des avantages sociaux tels que le droit à la retraite par exemple.

Parallèlement à cette exploitation relevant de l’esclavagisme moderne, ces travailleurs saisonniers sont victimes d’actes racistes comme l’ont révélé les émeutes d’El Ejido en Andalousie (3). Les différents témoignages (d’Espagne, des Pays Bas, de France...) montrent une profonde similitude.

En effet, deux éléments constituent la base de cette économie dont relève l’agriculture intensive, la nécessité d’un excès structurel de main d’œuvre dans laquelle l’employeur puise en raisonnant « travail » sans y voir « le travailleur » ce qui permet de ne pas prendre en considération tous les aspects humains et sociaux (telle période de la production nécessite tant de temps salarié, c’est mathématique), le racisme qui permet de scinder le marché du travail (ce qui est applicable à l’un, ne l’est pas forcément à l’autre et ce discours ne peut se justifier que par des arguments racistes).

Pour conclure on peut dire que par ces statuts temporaires ou ces non statuts, les autorités européennes organisent une ségrégation du marché du travail en créant une forme de « sous-classe » de travailleurs temporaires à qui le droit du travail ne s’applique pas.

Propositions alternatives

Depuis deux ans un collectif dans les Bouches du Rhône (France) s’est créé, le CODETRAS (Collectif de défense des travailleurs étrangers dans l’agriculture)(4) qui a mené principalement un travail de dénonciation des contrats OMI. Il organise des réunions publiques et différentes manifestations. Il a permis de briser l’omerta qui régnait dans le secteur agricole et dénoncer le racisme larvé dans ce département.

La Confédération Paysanne nationale a décidé de continuer au-delà du FSE le travail sur le salariat agricole et l’immigration. Ce travail se fera en concertation avec les différentes organisations qui ont déjà mené un travail et nous ont permis d’organiser ce séminaire à savoir le Forum civique européen, la Confédération Paysanne des Bouches du Rhône, le SOC (syndicat des travailleurs agricoles d’Andalousie), l’organisation de soutien aux travailleurs immigrés aux pays bas (OKIA).

En dénonçant cette forme d’esclavagisme moderne, c’est bien une remise en cause fondamentale des modes de production agricole et de consommation. C’est donc à nous, citoyens, de changer ce système mercantile dont nous ne voulons pas.

Les actions proposées se situent à différents niveaux :

- Création d’un mouvement de solidarité auprès des immigrés pour leur permettre d’accéder au titre de séjour
- Faciliter l’organisation des travailleurs immigrés et soutenir leurs actions
- Dénoncer les « exploiteurs » en estampillant par exemple leurs produits d’un logo « produit dans des conditions féodales »
- Agir sur le plan juridique et législatif en accompagnant les victimes dans des démarches de dénonciation
- Informer le consommateur sur les différents modes de production et leurs conséquences sociale, environnementale et économique.






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