FSE/ESF Forum social européen/European Social Forum - Qui sont les Rroms ?
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Qui sont les Rroms ? [fr]
23 February 2004

 

Pourquoi « « rroms » avec deux « r » ? Ce n’est pas une faute d’orthographe, mais une indication de prononciation. En rromanes, ou langue rromani, le « r » roulé comme en espagnol s’écrit simplement « r », mais celui que l’on ne roule pas, comme en français, est plus rare et s’écrit avec deux rr »).

Les Rroms sont venus d’Inde. C’est un fait certain, bien qu’on leur ait attribué dans les siècles passés des origines fantaisistes: Iran, Egypte, Bohême...

Nous le savons aujourd’hui pour deux raisons :

- La langue rromani est une langue indienne qui ressemble énormément au hindi (langue officielle de l’Union Indienne) et qui comporte plus de 800 racines sanskrites (le sanskrit était la langue religieuse et littéraire de l’Inde ancienne). Par exemple, « eau » se dit « pani » en rromani et « pani » en hindi, « nez » se dit « nakh » en rromani et « nak » en hindi ; « couleur » « rang » en rromani et « rang » en hindi, etc.

- Dès le 15e siècle, plusieurs auteurs évoquent l’arrivée des Rroms en Europe, et écrivent à leur propos « Ces Indiens... », « Ces gens qui venaient d’Inde... ». Plus précisément, parmi les récits d’historiens et de pèlerins persans, arabes ou chinois à propos de l’Inde, le « Kitab Al Yamini » d’Al Utbi, chroniqueur arabe, est particulièrement intéressant en ce qui concerne l’origine du peuple rrom. En effet, dans ce livre dont le titre signifie « Chronique des sultans Ghaznévides » (souverains turco-Afghans qui régnèrent sur le Nord de l’Inde entre le 10e et le 12e siècles) figure l’histoire détaillée de la prise de la ville de Kannauj (près de Lucknow en Uttar Pradesh) à la fin de l’année 1018 par Mahmoud de Ghazni. Mahmoud emmena en captivité 53.000 habitants de Kannauj jusqu’à Kabul. Ces prisonniers de guerre s’enfuirent après la mort du sultan vers Byzance, qui entretenait depuis longtemps avec Kannauj de bons rapports commerciaux et culturels. Il faut souligner que Kannauj était une ville célèbre par son rayonnement artistique et intellectuel, et par le souvenir du grand empereur panindien Harsha, qui marqua profondément l’histoire indienne : conquérant mais prince tolérant, ce fut un administrateur remarquable, poète et dramaturge.

Voilà ces Indiens qui fuient l’esclavage et partent vers l’Ouest, suivant la course du soleil comme l’écrira plus tard le grand poète rrom Leksa Manush (décédé il y a dix ans) dans son superbe poème épique « Rodindor o kham » (A la recherche du soleil).

Chemin faisant, le rromani s’enrichit de nombreux mots: persans, arméniens, caucasiens, grecs...(l’Anatolie n’était pas encore turque, mais de culture grecque). Seuls deux petits rameaux se détachèrent de la troupe initiale pour se fixer, l’un en Arménie, l’autre en Syrie, Palestine, Egypte, pays dans lesquels on retrouve encore quelques Rroms.

Le passage du Bosphore marque le grand éparpillement du peuple rrom : certains groupes vont aller vers le Nord jusqu’en Russie et en Finlande, d’autres vers l’Europe occidentale, mais le plus gros de la troupe s’arrêtera en Europe centrale et orientale.

A l’heure actuelle, on estime à environ 13 millions le nombre de Rroms européens (un million vit aux Etats-Unis, de plus petits groupes en Amérique du Sud et en Australie) .

On les appela longtemps « Tsiganes », mais ce mot prit une signification dévalorisante, et resta trop vague, englobant des minorités ethniques certes dignes de droits et de respect, mais qui ne venaient pas d’Inde, ne parlaient pas le rromani et n’avait pas la même culture. C’est pourquoi on appelle aujourd’hui « Rroms » aussi bien les Rroms de l’Est, les Gitans de la péninsule ibérique, les Gypsies des Iles britanniques, les Manouches de France, d’Allemagne et de Belgique, et les Sinte piémontais et provençaux .

Le pays dans lequel vit le plus grand nombre de Rroms est la Roumanie: 2 1/2 millions de personnes minimum. Ensuite viennent la Bulgarie, 800.000, la Hongrie, 700.000, puis la Russie, les autres pays des Balkans, et l’Europe occidentale : il y a environ 400.000 Rroms français.

Voyageurs par nécéssité au départ, ils se fixèrent dans les pays « d’accueil », ce qui fait que très peu d’entre eux (5 à 6%) continuent le « grand voyage », mais nombreux sont ceux qui sont obligés de déménager sans cesse pour fuir les discriminations, violences et rejets de toutes sortes dont ils sont victimes.

En effet, ce peuple artiste, chaleureux, hospitalier, courageux, détenteur d’une culture raffinée, demeure incompris, calomnié, redouté. Il existe une littérature rrom, un droit coutumier, des tribunaux, des traditions complexes que les peuples non-rroms, les « gadjé » connaissent mal.

La langue rromani est une langue tout en nuances, qui possède des infinités d’adjectifs pour préciser une pensée, une grammaire très détaillée et une musicalité exceptionnelle. La musique est d’ailleurs le seul domaine dans lequel les gadjé reconnaissent le talent inné des Rroms. Même aux heures les plus sombres de leur histoire (ils furent esclaves en Roumanie), même après le génocide (mal connu) perpétré par les nazis pendant la seconde guerre mondiale où ils partagèrent le sort effroyable des Juifs, il y eut un consensus mondial en faveur de la musique rrom. Qui ne connaît pas le flamenco des Gitans, le jazz manouche de Django Reinhardt, les rythmes fabuleux des Rroms de l’Est ?

Hélas, il faudrait que cette admiration d’un don artistique se double enfin d’une reconnaissance du Rrom comme être humain possédant au même titre que tous les autres les droits fondamentaux de l’Homme et du citoyen...car nous sommes loin du beau rêve « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits » ; quand les Rroms voient dans les pays ex-soviétiques l’accès de leurs enfants à l’école impossible, leur accès au travail et au logement bouché, (les statistiques de l’OSCE estiment à 85-90% le taux de chômage des Rroms en Roumanie et en Bulgarie, pays où très peu de chômeurs rroms arrivent à toucher l’aide sociale !) et le droit aux soins bafoué.

Combien de Rroms meurent faute de soins dans ces pays désorganisés par le changement chaotique de système ! Des lois sont certes votées, mais pas appliquées.

Dans ces conditions, comment s’étonner du désir des Rroms d’émigrer à l’Ouest, où on les insulte souvent, où on outrage leur droit à la libre circulation, mais où ils veulent rester parce que là, au moins, ils ne meurent ni ne faim ni de maladie...

Les Rroms n’ont jamais déclaré la guerre à personne. Ils n’ont jamais eu de revendications territoriales. Ils ont volé quelques poules, mais pour survivre. Ils n’ont coulé ni le « Prestige » ni le Crédit Lyonnais. Mais on les charge de tous les maux parce qu’il faut toujours trouver un mouton noir quand les affaires vont mal. De préférence l’étranger mystérieux au teint mat. Alors ils se terrent dans des ghettos, ou dans d’innommables bidonvilles.

Cela doit cesser. Et surtout pas en les renvoyant là où c’est pire.

L’Europe doit interdire qu’on les traite comme des parias, qu’on les discrimine, qu’on détruise leur habitat et leurs violons. Elle doit leur assurer des conditions de vie décentes et lutter contre le racisme. Ils ne demandent qu’une seule chose : que les lois des pays membres -ou futurs membres- de l’Union s’appliquent à eux, sur le papier, mais surtout sur le terrain. Est-ce trop demander ?

On a peur d’eux... à tort. Apprendre à les connaître, c’est apprendre à les aimer, ou du moins leur permettre de vivre.






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