FSE/ESF Forum social européen/European Social Forum - Expérimentation sur animaux : fraude scientifique, menace mortelle pour l’homme, danger pour l’environnement
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Expérimentation sur animaux : fraude scientifique, menace mortelle pour l’homme, danger pour l’environnement [fr]
18 December 2003

 

Greenpeace ne prétend pas détenir une expertise propre en toxicologie, mais se préoccupe néanmoins de la validité des méthodes courantes. En tant qu’association internationale de défense de l¹environnement, de défense de l’homme dans son environnement, et de défense de la faune sauvage, le principal laboratoire auquel nous avons à faire, c’est la planète Terre, cette planète devenue le champ d’expérimentation forcé et à grande échelle de l¹industrie chimique.

Parmi les pollutions chimiques qui nous préoccupent, les molécules persistantes constituent la priorité numéro un. Persistantes, cela veut dire qu’elles n¹ont pas de mécanisme naturel de dégradation. Depuis les premières alertes qui ont été lancées en 1962 sur la dépopulation des grands prédateurs, essentiellement les oiseaux de proie, les rapaces des grands lacs américains, 40 ans ont passé pour obtenir la reconnaissance du problème par la communauté internationale et scientifique, sous la forme d’une convention internationale interdisant douze familles de substances toxiques persistantes et capables de s’accumuler dans les organismes vivants et la chaîne alimentaire. 40 ans pour 12 familles de substances.

Ces substances persistantes et le pouvoir de perturbation des hormones de nombreuses d¹entre elles devraient définitivement forcer la toxicologie moderne à remettre en cause certains fondements, au premier desquels ce fondement qui date du 16eme siècle: c’est la dose qui fait le poison. Quelques exemples pour illustrer à quel point ce fondement est devenu obsolète:

- les PCB ; vous avez peut-être déjà entendu parler des PCB ou pyralènes, c’est leur nom plus commun, ce sont des fluides d’isolation électrique qu’on a énormément utilisés pendant ce dernier demi-siècle industriel. Des rejets dans les eaux européennes à deux nanogrammes par litre (deux nanogrammes par litre représentent deux millièmes de milliardièmes de Kg dans un Kg d¹eau de mer) peuvent se concentrer à travers des mécanismes comme la bioamplification de la chaîne alimentaire; c’est-à-dire le fait que ces molécules vont se fixer par exemple sur le plancton, qui va être consommé à grande échelle par son poisson prédateur, qui lui-même va être consommé à grande échelle par le poisson au-dessus, et ainsi de suite... on peut arriver à concentrer 5 millions de fois la concentration initiale de 2 nanogrammes par Kg.

Et ainsi depuis les côtes européennes affecter, à des milliers de km. de là, la santé des indiens Inuits sur le continent arctique, provoquer la contamination de leur alimentation, provoquer la contamination du lait maternel et en conséquence des troubles de développement chez leurs enfants. Le peuple Inuit, qui a l’industrialisation que vous pouvez imaginer, paye donc les conséquences de la nôtre.

- Un autre exemple est la dioxine ... Il semble qu’en France, les citoyens soient, apparemment capables de tolérer bien plus que les ... américains. Puisque vous connaissez notre politique nationale en matière d’incinération, et qu’aux USA, l¹Agence pour la protection de l’environnement considère qu’il n’y a pas de dose sans effet pour les dioxines.

Voilà donc deux cas célèbres, qui sont la partie émergée de l’iceberg, comparée à ces 100.000 molécules dont on a parlé tout-à-l’heure, présentes dans notre quotidien, notre alimentation, nos produits de consommation, qui échappent à notre évaluation sérieuse des impacts à long terme sur la santé et l’environnement.

Quelques chiffres
Greenpeace a décidé récemment de plus investir le champs de la santé, puisqu’on a documenté pendant des années la présence de tous ces contaminants dans l’environnement, dans la faune sauvage, et qu’il nous faut maintenant, pour être pris au sérieux, pour que les hommes politiques nous entendent, documenter les quelques 200 molécules de synthèse qu’on peut également trouver dans le corps humain.

On peut aussi documenter, comme cela a été évoqué par Claude Reiss, les phénomènes sanitaires qui ont été observés à l’heure actuelle et que l’on attribue de plus en plus à ces contaminations chimiques. Je veux vous parler particulièrement du cancer de l’enfance: nos collègues anglais ont publié ce document, "Chemical legacy: contamination of the child", que vous pouvez décharger du site anglais de Greenpeace. Le cancer est la 3ème cause de mort chez les enfants de 1 à 19 ans.

Aux USA, mais les chiffres sont similaires en France, l’incidence du cancer a augmenté du 26% entre 1975 et 1999. (1% par an, environ). Quand on regarde les cancers particuliers, comme les cancers du système nerveux et certaines leucémies, on passe à des chiffres de l’ordre du 50% d’augmentation sur 25 ans, ou 62% sur 25 ans.

Ainsi, on peut reconnaître parmi les nombreuses raisons de la faillite de la gestion des substances chimiques qu’effectivement le modèle animal est un facteur important de minimisation ou de négation des risques sanitaires. La persistance, qui est cette capacité à ne pas se dégrader naturellement, et la capacité à s’accumuler dans les tissus vivants, sont deux critères qui selon nous suffisent à interdire la production et l’usage des substances chimiques si elles répondent à ces critères. Nul besoin donc des tests sur animaux pour vérifier les propriétés à caractériser.

La chimie organique du chlore et les molécules problématiques inconnues des mécanismes naturels de dégradation qu’elles engendrent est au coeur de la polémique depuis 40 ans. Les premières molécules dont je vous ai parlé sont toutes des produits organiques chlorés. Là encore devons-nous étudier, une par une, toutes les molécules avec des structure similaires avant de prendre la décision politique de dire "nous devons arrêter cette chimie organique du chlore". Ou du moins la confiner dans des espaces clos, fermés: arrêter de la produire dans des espaces ouverts.

Et encore, même, je doute qu’on puisse produire quoi-que-ce-soit en chimie organique du chlore qui ne produise pas des déchets qui eux nous reviendront de toute façon.

- Les phtalates, un autre exemple, sont les contaminants les plus répandus au nord de l’hémisphère. Combien d’années attendre encore pour mettre fin à cette production? Nous avons obtenu il y a deux ans que l’un de ces phtalates, le DEHP, soit interdit dans les jouets pour enfants en PVC, car suspecté d’hypothéquer leur capacité future à se reproduire.

Or l’industrie a réussi à minimiser cette interdiction en faisant en sorte qu’elle ne concerne que les jouets mis en bouche par les enfants, pour aider les enfants à développer leurs dents. Etrange transfert de responsabilité de l’industrie vers l’enfant, qui est censé lui-même faire la part des jouets qui sont toxiques et qu’il ne doit pas mettre en bouche de ceux qui ne sont pas toxiques ! !

Mettre fin à cette situation , c’est créer des outils toxicologiques et de décision politique systématique les plus infaillibles possibles. Un élément central est, justement, l’adoption de méthodes et d’un modèle réellement pertinent pour l’homme. C’est pourquoi nous voulons et soutenons la transparence et l¹indépendance del’information ; parce que ce qu’il faut savoir aussi est qu’actuellement l’information n’est pas partagée entre les différentes multinationales de la chimie et qu’elle n’est même pas fournie aux entreprises en aval qui vont transformer le produit chimique de base en produit de consommation.

C’est-à-dire que si, au hasard, ATOFINA, filiale pétrochimique de TotalFina produit un additif chimique et que dans les différents maillons de la chaîne de fabrication, une compagnie internationale du jouet, par exemple, au hasard, Disney, l¹incorpore dans ses produits pour enfants, Disney n’aura même pas cette information de la part d’ATOFINA. Quant au consommateur ce n’est pas la peine d’y compter.

Donc:

1) transparence, circulation de l’information déjà disponible afin de ne pas constamment avoir à réinventer l’eau chaude.

2) les critères de persistance, de bioaccumulation, de cancérogenèse, de mutagenèse, de toxicité pour la reproduction, de perturbation hormonale, doivent suffire à écarter l’autorisation d’une substance si ces données sont disponibles.

3) Lorsque ces données ne sont pas disponibles nous voulons en effet que soient identifiées des méthodes qui nous permettent d’échapper aux erreurs du modèle animal. Nous voulons des méthodes systématiques. Nous pouvons utiliser des méthodes de simulation informatique, pour certains tests simplifiés.

Il y a des tests physico-chimiques qui existent, très simples, pour déterminer si un produit est persistant, s’il est bioaccumulable dans les tissus vivants, et là on n’a pas besoin de tests sur les animaux pour ces critères-là.

4) Et enfin des tests biologiques pour caractériser des critères de toxicité plus complexe: cancérogenèse, mutagenèse, perturbateurs hormonaux. Pour ce qui est des tests biologiques, je n’ai pas la compétence pour évaluer ce qui a été proposé, mais il existe à l’heure actuelle des alternatives, certaines déjà disponibles, certaines à développer à condition d’y mettre les moyens, et il faut que ces tests dits biologiques puissent être totalement pertinents pour l’homme, totalement fiables.

Si un de ces tests seulement se révèle positif, à ce moment-là, il n’y a pas besoin d’en faire d’autres, car, je l’ai dit, ces critères, cancérogenèse, etc Šsuffisent à dire que "nous ne pouvons pas accepter que ces substances soient au contact du public, au contact de nos enfants, au contact de l’environnement." Donc nous pouvons aussi dès maintenant interdire tout recours au modèle animal, au moins pour les alternatives déjà disponibles, et réclamer, dans le cadre de cette nouvelle réglementation européenne, le financement nécessaire, le développement nécessaire et la validation des alternatives à développer ou déjà disponibles.

Enfin, pour conclure, je voudrais juste modérer un petit peu ce que tu as dit, Jean Pierre (Berlan), sur la réforme de la réglementation chimique européenne. Je pense qu’il faut arriver à sauver cette réforme, car, à défaut de répondre totalement à nos attentes, il existera au moins un cadre qui va dire "il faut que vous passiez par là pour obtenir une autorisation".

Effectivement si les critères pour donner une autorisation sont minables, sont les mêmes qu’avant, cela ne changera pas la situation. Mais nous aurons déjà ce cadre dans lequel on va pouvoir obliger les industries au moins à la transparence dans leur pratique. Ensuite ce que nous ne voulons évidemment pas est que cette réglementation soit tellement noyée d’éléments inefficaces qu’elle devienne une espèce de certificat de bonne conduite dont pourraient se valoir les industriels tout en nous laissant dans la même situation toxique.

C’est pourquoi je suis ici, c’est pourquoi nous voulons construire entre associations de protection de l’environnement, associations de protection des animaux, associations de promotion de tests scientifiques, associations de consommateurs, syndicats d’industries chimiques et de tous types de travailleurs exposés aux substances chimiques, nous voulons construire une alliance, une coalition pour définitivement modifier les données de ce problème en portant tous les éléments, toutes nos expertises, pour répondre à tous les niveaux, pour créer un règlement qui réponde vraiment aux enjeux.

Et ces enjeux sont élevés, au-delà du cancer, un chiffre que je n’ai pas donné tout-à-l’heure et sur lequel je voudrais conclure; ce chiffre est simplement le suivant: en moins de trois générations l’homme européen a perdu 50% de sa capacité de production de spermatozoïdes. Et c’est une courbe qui continue sur sa pente descendante.






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