FSE/ESF Forum social européen/European Social Forum - Quelles politiques publiques face à la marchandisation de l’audiovisuel
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Quelles politiques publiques face à la marchandisation de l’audiovisuel [fr]
1 January 2004

Qu’on le veuille ou non, dans la plupart des pays, regarder la télévision est devenue une des activités humaines à laquelle on consacre le plus de temps quotidiennement. Cette réalité a des conséquences culturelles, idéologiques et politiques considérables.

Elle devrait suffire pour empêcher que la seule logique du marché dicte sa loi à la télévision.



 

PRESENTATION

Hormis les Etats Unis, où le secteur public a toujours été marginal, la télévision s’est d’abord développée partout dans le monde comme un monopole public. La télévision, vecteur puissant « d’information, d’éducation et de divertissement » a souvent fait l’objet d’un contrôle politique,mais dans le même temps, les Etats jouaient leur rôle d’investisseur pour développer un outil de cohésion sociale et culturelle pour chaque nation. Depuis le début des années 80 et la globalisation financière, le paysage et l’économie de ce secteur se sont profondément modifiées au seul bénéfice des TV privées.

Avec la libéralisation, l’Etat s’est désengagé, le secteur public est financièrement asphyxié, de puissants groupes multinationaux font main basse sur la télévision et sur l’industrie des programmes.Le téléspectateur a changé de statut : il n’est plus un citoyen mais un consommateur qu’il faut "capter" et gaver de programmes bas de gamme. Le niveau d’audience et l’afflux de publicité garantissent la rentabilité des actions.

Malheureusement, la différence des contenus entre télévisions publiques et privées s’estompe chaque jour : une partie du financement des télévisions publiques dépendant également de l’audience et de la publicité. Les libéraux en tirent argument pour réclamer de nouvelles privatisations ou la disparition pure et simple du secteur public.

A l’instar de la culture, la télévision a besoin d’un bon financement et d’une volonté de régulation publique. Une télévision de qualité, comme la santé, l’éducation ou l’environnement est un objectif démocratique. C’est un enjeu culturel, de citoyenneté et de souveraineté qui doit échapper aux seuls appétits des marchands.


En introduisant le séminaire, F.Malverde s’est félicité que la problématique des médias occupe pour la première fois une telle place au Forum Social. Le fait que cette rencontre européenne sur la défense de la télévision publique ait lieu dans ce cadre était , déjà, une bonne nouvelle en soi.

Regarder la télévision fait en effet partie des activités humaines les plus incontournables (plus de trois heures y sont consacrées en moyenne chaque jour par la plupart des individus).Il est donc fondamental que le mouvement altermondialiste s’en préoccupe.

Cette activité humaine contribue au divertissement ,à la culture, à l’éducation politique et à l’information des citoyens . Elle ne peut donc être laissée aux seules mains du marché.

Marc Gruber, au nom de la FIJ, implantée dans plus de 100 pays apporte une vision d’ensemble. Il rappelle que la télévision publique, qui fut un modèle unique ,est désormais confrontées au marché. Depuis 20 ans elle cohabite presque partout avec un secteur privé qui s’impose aujourd’hui comme la référence en matière de contenus.

Les enquêtes d’opinion montrent partout un scepticisme croissant des citoyens sur la qualité des programmes et la différence supposée des télévisions publiques. L’Audiovisuel fait l’objet d’une concentration de la propriété qui s’accélère à l’échelle des continents (sans trouble majeur de la Commission Européenne).

Le numérique ,les nouvelles technologies, la pression économique jouent sur les conditions de travail et sur la précarité, en particulier des journalistes. Dans toutes les négociations internationales (AGCS au sein de l’OMC ) les pressions pour la libéralisation mettent en danger la télévision de secteur public.

En Afrique par exemple, les institutions financières peuvent conditionner leurs aides ou l’effacement de la dette à des engagements de dérégulation dont l’Audiovisuel a put faire les frais. En Europe la télévision publique est fragilisée par l’endettement (Espagne) le sous financement (France),la concentration et le contrôle politique (l’Italie).Des privatisations ont eut lieu (Danemark) ou sont prévues (Portugal).

Marie Hélène Elbaz donne l’exemple de la France ou le secteur public a subi depuis plusieurs années un désengagement de l’Etat et une politique de casse au profit du secteur privé. L’exemple caricatural est la Société Française de Production ,patrimoine public qui fut bradée à vil prix.

La télévision publique est confrontée a un financement mixte (redevance et publicité) ,auquel nous sommes attachés même s’il est notoirement insuffisant. Elle rogne ses ambitions sur la création et la qualité. La séparation diffuseur/producteur ,imposée par la loi, ne favorise que la fuite de l’argent public, l’enrichissement de producteurs privés et le développement du travail précaire. Avec ce système, la France est un des pays d’Europe qui produit le moins d’œuvres de télévision originales.

Tom O’Malley montre que la BBC est encerclée depuis la fin des années 80 par des chaînes privées et satellitaires . A l’époque de Thatcher c’est une forte résistance populaire qui a empêché la privatisation de la BBC.Aujourd’hui les élites souhaitent imposer le modèle libéral et les principes du marché dans la gestion et l’organisation de la télévision publique . Le service public fait l’objet d’ attaques fréquentes .

Il est urgent de poser la défense du service public et son indépendance comme des enjeux politiques . La défense de la télévision publique passe par une réappropriation citoyenne des contenus . La mobilisation et les échanges d’idées doivent avoir lieu au niveau national mais aussi international.

Antonio Veluto met en garde contre les dangers que peuvent receler les révolutions technologiques de la communication. Le développement du numérique est prétexte à la concentration ,à l’augmentation des coûts des services et à l’exclusion d’un grand nombre de citoyens. Apparemment gratuites les chaînes privées sont de fait payantes et très couteuses par l’invasion de la publicité. Le secteur public doit impérativement avoir les moyens d’accéder aux nouveaux supports (ADSL , Numérique Terrestre…).Il doit pouvoir le faire sans se renier et sans s’engager dans la course à la médiocrité imposée par la loi de l’audimat et des annonceurs.

L’élargissement de l’Europe est porteuse de dangers.Dans les pays de l’Est, les opinions publiques ont un peu tendance à vouloir « jeter le bébé avec l’eau du bain » .Elles considèrent encore la télé publique comme l’héritière d’une télévision sous strict contrôle étatique. Les tenants de la libéralisation en profitent et développent des télés privés ou le divertissement est le signe trompeur d’une nouvelle liberté.

Roberto Natale raconte qu’après le massacre de Naseriyah ,la RAI n’a pas diffusé la minute de silence lors d’un grand match de foot en raison d’une page de publicité. Cette immense faute de goût est le signe que la différence s’estompe avec le privé. La télévision publique semble porter la culpabilité d’avoir été jadis en situation de monopole.

La fonction éducative de la télévision serait ennuyeuse alors que ce média transmet aussi des valeurs et des modèles pour vivre ensemble. Remplacer une émission politique par du divertissement ,remplir les journaux de nouvelles futiles est éminemment politique .Le FSE a bien senti le lien qui existait entre les problèmes de la culture ,de l’école et des médias tous confrontés à la loi du marché.

Francisco Audije est frappé par la façon dont les logiques du secteur marchand influencent la gestion des entreprises publique. Les salariés subissent une très grande dégradation sociale quand ce n’est pas des licenciements massifs comme ce fut récemment le cas dans la chaîne régionale Antena 3.

En Espagne, l’obligation d’indépendance est bafouée par un gouvernement qui utilise la télévision publique à des fins de propagande (guerre en Irak, catastrophe du prestige).Les pressions politiques (qui existaient aussi avec le gouvernement socialiste ) sont facilitées par l’absence de revenus autonomes et l’endettement. La dérive vers le faits divers, l’occultation de la réalité sociale sont la norme.

Pour Bruno Clément il y a une similitude entre les problèmes et les pratiques dans la plupart des pays. L’obligation de trouver une partie du financement par la publicité entraîne une course au scoop et une dérive des contenus…mais elle n’est pas inéluctable. Les travailleurs des médias doivent lutter " de l’intérieur " et intervenir quotidiennement pour inverser la religiosité du marché. Il faut "penser " service public sans réserve. "La télévision de service public doit permettre de faire vivre la démocratie". Son budget doit donc être couvert à 100 % par la redevance.

Conclusions et propositions

L’Audiovisuel public a un rôle irremplaçable à jouer pour garantir l’accès des citoyens à des informations indépendantes et pluralistes, des programmes éducatifs et des divertissements de qualité . C’est un droit inaliénable qui participe à la démocratie et à l’identité de chaque peuple. Contre la déferlante libérale ,il faut mettre en place un modèle européen de services publics dont la télévision fait partie et construire un réseau citoyen pour le défendre.

Dans ce domaine également la gauche doit se déculpabiliser face au néolibéralisme. Il est temps pour le mouvement social d’avoir un projet ambitieux dans le domaine de la télévision publique. Aujourd’hui discuté à l’UNESCO dans le cadre de la Convention sur la diversité culturelle le principe juridique de l’exception culturelle doit prévaloir dans toutes les négociations commerciales internationales autours de l’Audiovisuel.

L’existence d’un secteur audiovisuel public et un financement hors publicité garanti doit être sanctuarisé y compris en l’inscrivant dans la constitution européenne et les constitutions nationales. Il faut limiter la concentration de la propriété privée des médias audiovisuels avec une harmonisation des lois nationales. Ne pas empêcher le développement de l’Audiovisuel public et favoriser une politique de coopération internationale.

Enfin ,il faut garantir les conditions sociales des journalistes et des autres travailleurs de ce secteur, assurer les conditions de l’indépendance des médias publics, et renforcer l’intervention des citoyens et des ONG . Rendez vous est pris lors des prochains FSE pour faire rebondir ces questions.






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