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Memoria Viva // Paris 2003 Reports // Against the logic of profit //

La "décroissance" et/ après le développement [fr]
4 January 2004

 

Intervention de Serge Latouche

Présentation des objectifs de l’association "La Ligne d’Horizon

"Les amis de François Partant", association créée autour des analyses critiques du développement faites par François Partant (1926 -1987) et dans la mouvance des travaux d’Ivan Illich, de Nicolas Georgescu Roegen ou de Jacques Ellul.

·Présentation du Réseau pour l’après développement, regroupant la "Ligne d’Horizon", les revues "Silence"et "l’Ecologiste", l’association "Casseurs de Pub", et "l’Institut pour la décroissance" ·Présentation des activités de l’association et des colloques ( Paris -mars 2002, Lyon - octobre 2003) dont la publication des actes est en cours .

Présentation de la décroissance, idée qui commence à être connue par quelques articles dans la presse : Charlie Hebdo (B. Maris) ou le Monde Diplomatique (S. Latouche). Rappel des travaux du Club de Rome. C’est une remise en cause de la croissance et du" développement". La mondialisation a mélangé les problèmes du nord et du sud, notre croissance n’est pas soutenable et nous consommons le bien des pays les plus pauvres.

·Il faut "démonter" le mythe de la croissance : * Une croissance illimitée dans un monde limité est suicidaire (N.G.Roegen) * Le développement, c’est continuer la colonisation par l’occidentalisation du monde. * Le poids de notre "empreinte" écologique devient insupportable, encore plus insupportable si le monde entier adopte notre mode de vie. (Entrée de la Chine à l’OMC)

* Mais il est aussi, au nord, une illusion qui aveugle: le développement dit durable, une croissance qui permettrait de donner de travail à tous, de répondre à toutes les demandes sociales, un consumérisme effréné. Notre société est organisée pour la croissance, c’est "la" valeur par excellence.

* Il provoque une guerre économique : guerres pour le pétrole, pour l’eau, guerre bio-génétique * L’obligation de croissance entraine le pillage des matières premières non renouvelables aussi bien au sud qu’au nord. Nous sommes au bord de "la rupture de stock"

· Comment être assez inconscient pour proner la croissance. Proposer la décroissance, c’est : *permettre aux pays du sud de renouer avec leurs traditions ; les sociétés anciennes n’avait pas la croissance ni le développement pour objectif - ni le mot ni le concept n’existent dans de nb.langues.*répondre à la crise écologique, aussi bien au nord qu’au sud : il est temps de s’y mettre : il faut 1 siècle pour que la planète redevienne"normale"...

* Inventer les "chantiers de la décroissance", des "cercles vertueux" en commençant par décoloniser notre imaginaire. * retrouver les vraies richesses : l’amitié, le temps, un environnement non pollué, des rapports non marchands, non compétitifs, faire, le plus souvent possible, le choix de la simplicité volontaire. Intervention de Madeleine Nutchey ·Présentation de la revue "Silence" qui, depuis plus de 20 ans, propose des pistes de réflexion autour de l’écologie, des alternatives à notre mode de vie actuel et autour de la non violence.

·Notre société, vouée à la croissance, est devenue obèse par boulimie de profit. Elle risque de craquer d’ici peu. La décroissance est un régime de santé amaigrissant mais souvent mal perçu. Nous sommes tellement imprèignés de l’idée de croissance que la décroissance est associée à la pauvreté, au chomage.

Ce que la croissance du profit a fait croitre, c’est la pauvreté dans les pays du sud et la précarité de l’emploi dans ceux du nord. Parler de développer les pays qui en ont grand besoin sans envisager notre propre décroissance est aussi hypocrite que d’inviter des convives à un banquet où les toutes les places sont déjà prises.

- Que faire ? 2 pistes à explorer, pour l’arrêt total du gaspillage:

* La piste individuelle, pour une satisfaction personelle: opter pour les circuits courts, locaux, plutôt que les supermarchés qui nécessitent des transports, choisir de se déplacer à pieds ou en transports en commun, prendre un panier plutôt que les sacs en plastiques, utiliser des ampoules basse consommation, éviter les appareils en veille.

* La piste collective, pour peser sur la macro-économie: actions de boycott montrant le pouvoir des consommateurs (refus des emballages, journées sans achat, sans banque) Si la décroissance n’oblige pas à tout rejeter, les usines d’armement sont injustifiables : la décroissance a un rôle pacificateur ; elle concerne tout, du plus petit geste à la plus grosse industrie.

Intervention de Jacques Julien

·La mondialisation, le marché, l’idée d’une société universelle, sont issus de 1789 ; cela entraine une société uniforme, linéaire, alors que le monde est complexité.

.La poursuite de la croissance implique un anthropocentrisme, qui élimine tout ce qui est extérieur à l’homme et un ethnocentrisme : les autres doivent suivre le même chemin que nous, l’Occident (François Partant). Dérive possible vers un totalitarisme lié à l’idée d’une civilisation universelle (travaux de Robert Jaulin) ·Progrès et croissance sont incompatibles avec la finitude du milieu (sol, pétrole, eau) et avec la finitude de l’homme (moyens, mémoire, durée de vie)

·Le chemin de la décroissance passe par la réalisation de plans de survie où chaque groupe a une organisation politique propre, des moyens techniques liés au contexte, des besoins définis par les gens eu mêmes. Ces plans de survie montrent notre volonté de continuer à être vivants. .Face à une société actuelle vide de projets, la démystification du développement et la constitution d’un réseau de mythologies permettront de mobiliser les gens vers "d’autres mondes"

Intervention d’Alain Gras

·La décroisance implique une réflexion éthique. Notre époque a réalisé le projet de Descartes, voulant l’homme "maître et possesseur de la nature". Avec le pétrole, nous avons redécouvert le feu, élément majeur de nos sociétés et qui nous sépare de toutes les cultures qui nous ont précédé.

Mais à court terme, et après un pic de production entre 2004 et 2010 , les réserves seront épuisées, entrainant des turbulences imprévisibles. Même abondant, ses déchets nous feraient périr. Comment accepter qu’un américain consomme huit fois plus de pétrole qu’un chinois ? (8T. / 1T.)

·En luttant avec la technique contre les méfaits de la technique, on entre dans un système fermé, qui ne fait qu’augmenter le désordre, la démesure.

Principaux thèmes des questions posées par les participants à l’atelier : ·Importance de la notion de solidarité, d’équilibre .A travers la décroissance, l’utopie devient possible ·Informer sur le poids de la dette Il y a des réserves de pétrole en Angola ·décroissance : est-elle la recherche d’un équilibre acceptable ?

·Réponse de M. Nutchey : distinguer entre la disette et la décroissance, réfléchie, voulue et gratifiante

·Réponse d’A. Gras : division des experts sur les réserves de pétrole. Le coût d’exploitation sera supérieur à ce qu’il rapportera. Aujourd’hui, le pétrole nous coûte peu.

·Réponse de S. Latouche : il y a des société vernaculaires hors du système économique qui vivraient mieux si on les pillait moins. Nous leur envoyons un message de misérabilisme. La dette entretient un cercle vicieux : elle contraint les entreprises à travailler plus pour pouvoir rembourser. La décroissance nécessite une réappropriation de sa monnaie par les états (lutter contre l’omnipotence du dollar)

·Réponse de Jacques Julien : La résistance à la croissance signifie déjà d’autres comportements que ceux du marché. Le mot harmonie est préférable à celui d’équilibre, la vie correspond à une situation de non équilibre

Autres questions : ·Pourquoi a-t-on ce désir de consommer? Pourquoi cette emprise de l’économie sur nos consciences ? ·Dans le cadre de la décroissance, qui va décider ce que l’on produit ? ·Consommer moins va-t-il enrayer la machine ? Ou est-ce une satisfaction perso?

·Peut-on penser la décroissance sans attaquer le système productif et se réapproprier les moyens de production? ·Réponse de S. Latouche : les drogués sont les plus acharnés défenseurs de leur drogue! Notre rôle : décoloniser notre imaginaire, choisir nos valeurs et non celles qu’on nous impose.

·Réponse de J. Julien : Dans la décroissance, à chacun de trouver les moyens de production appropriés et de se réapproprier ces moyens ·Réponse de M. Nutchey : ambiguité de notre situation : c’est l’état qui finance le Forum... Les milieux économiques ne seraient-ils pas à l’affut de nos idées ? ·Réponse de S. Latouche : s’attaquer aux moyens de productions: plutôt sortir d’une société dominée par une logique de profit . Dans le Titanic, ceux qui sont en 1ère classe vont sombrer aussi ...

Approche différente des mots selon les cultures : en Afrique de l’Est, "travail" se traduit par "portage pour les blancs"! "Progresser", c’est rejoindre les ancêtres et non se projeter dans l’inconnu.

Nécessité de définir des nouveaux outils d’évaluation économique : une tempête, la pollution et la dépollution font croître le PIB. Mais les biens relationnels ne sont pas estimés. Ne pas confondre la pauvreté qui est la satisfaction de besoins limités, avec la misère ( voir le livre de Majid Rahnema)

Le système actuel ne peut fonctionner qu’en externalisant une part importante des coûts : les éléments composant un pot de yaourt ont parcouru 8000 km. Les transporteurs ne payent ni les infrastructures ni les dégats causés à l’environnement Il ne s’agit pas seulement de relocaliser l’économie, mais plutôt de relocaliser la vie.






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