FSE/ESF Forum social européen/European Social Forum - L’agriculture mondialisée contre la nature
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L’agriculture mondialisée contre la nature [fr]
7 January 2004

 

L’agriculture mondialisée est-elle contre la nature ?

  • Pour Françoise Plet, l’agriculture a toujours été contre la nature, puisque les agriculteurs ont toujours modifié la nature en cherchant à la domestiquer. Toutefois, on note aujourd’hui de grandes disparités entre les agriculteurs à travers le monde : une partie d’entre eux font une agriculture destinée au commerce international, une faible partie se consacre à l’agriculture biologique, tandis que la majorité des agriculteurs pratiquent des cultures vivrières.
  • Yves Cochet rappelle que le précédent gouvernement français avait pour ambition d’arriver à ce que l’agriculture biologique représente 10% de la surface agricole utile. Il note que l’enseignement agricole français n’accorde aucune place à l’agrobiologie et que la France est obligée d’importer des produits agrobiologiques. Sur le plan international, il pointe le danger représenté par les OGM.
  • Philippe Cacciabue explique que l’agriculture bio est une alternative à l’agriculture mondialisée intensive. En effet, ce n’est pas une agriculture qui donne des produits standardisés et qui artificialise le milieu avec des produits chimiques. C’est une agriculture qui "colle" davantage au milieu et qui dépend de la demande des consommateurs pour sa survie. Concernant le prix de la bio, il explique qu’elle paraît chère parce que les produits conventionnels ne sont pas taxés pour les dommages causés à l’environnement.
  • José Bové affirme que le combat est loin d’être perdu. Les paysans représentent la moitié de la population active de la planète. Parmi eux, seuls 30 millions à peine ont un tracteur, tandis que 250 millions travaillent avec un attelage animal, et 1,3 milliard d’entre eux travaillent avec des instruments à main. Aujourd’hui, entre 10 et15% de la production mondiale circule autour de la planète et 5 multinationales contrôlent 85% du marché mondial. En 1986, l’accord sur le commerce de l’OMC a introduit pour les pays l’obligation d’importer 5% des produits alimentaires.
    En réaction, les paysans se sont associés au niveau mondial à travers la Via Campesina. Cette association milite pour la souveraineté alimentaire, c’est-à-dire le droit des peuples à nourrir leur population à partir de leur production agricole. L’échec récent des négociations de l’OMC à Cancun peut s’expliquer par la volonté de l’OMC de faire passer les importations agricoles de 5 à 8% dans les pays du nord et de 4 à 6% dans les pays du sud. Ces politiques d’importation nuisent à l’agriculture des pays, car les produits importés arrivent à un prix inférieur au coût de production des produits locaux (ce qu’on appelle le dumping).
    Ainsi, la Thaïlande, pays exportateur de riz est devenue importatrice de riz, l’Inde, premier producteur mondial de lait est envahie par le lait de Nouvelle-Zélande qui est vendu à un prix inférieur et qui pourtant, représente moins de 1% de la production mondiale. Autre aberration : les agriculteurs américains et européens ne vivent que grâce aux subventions qui favorisent les plus riches d’entre eux. "Le système est cinglé" lance José Bové. "Avec cette politique, il y a deux perdants : les paysans du nord et les paysans du sud".

Les paysans sont-ils des jardiniers de la nature ?

  • Pour Françoise Plet, cette idée est une invention de technocrates.
  • Pour José Bové, les paysans ont toujours façonné le paysage, donc ils ont toujours été des jardiniers de la nature, comme Mr Jourdain faisait de la prose sans le savoir. Mais, à partir du moment où l’agriculture est devenue industrielle, on a coupé l’acte de production de l’ensemble des missions du paysan. Maintenant, on en arrive à financer la plantation de haies autour de bâtiments agricoles industriels.

Faut-il supprimer les subventions ?

  • Pour Yves Cochet, il faut promouvoir une agriculture durable ou biologique (à ne pas confondre avec l’agriculture raisonnée ; pour information, le réseau FARRE qui regroupe les agriculteurs pratiquant l’agriculture raisonnée a longtemps eu la même adresse que les producteurs de produits phytosanitaires). Yves Cochet propose aussi de supprimer les aides indexées au rendement à l’hectare ainsi que les aides à l’irrigation et au drainage. Il suggère de conserver les aides à l’agriculture de montagne et à l’agriculture biologique.

L’agriculture biologique peut-elle devenir intensive ?

  • Selon les représentants de la FNAB, la limitation de la taille des ateliers devrait être intégrée dans les cahiers des charges. Les agriculteurs bio sont soumis aux lois du marché. Exemple : certains d’entre eux ont essayé de se regrouper pour vendre leur production à un industriel, mais l’industriel a voulu baisser les prix et a préféré importer les produits bio dont il avait besoin.

Quelle menace représentent les OGM ?

  • Yves Cochet met en garde l’assistance. Il explique que la mise en place d’une réglementation européenne sur l’étiquetage des OGM a signé la fin du moratoire sur l’importation et la culture des OGM en Europe. L’introduction des OGM signifie la mort de l’agriculture bio car on ne peut empêcher leur dissémination dans l’environnement.
    On peut alors arriver à des aberrations, comme cela s’est produit au Canada où un agriculteur bio a été attaqué en justice pour avoir utilisé des semences OGM alors que ce n’était pas volontaire de sa part. Il explique néanmoins que la ratification du protocole de biosécurité de Carthagène permet à la France de refuser les OGM. Elle paiera alors à l’OMC une amende du type de celle qui existe pour refus d’importation de bœuf aux hormones.
  • José Bové explique pourquoi il a arraché des plants d’OGM. On l’a accusé d’être "anti-science" alors que la Confédération paysanne n’est pas opposée aux essais en milieu confiné. Pour lui, le champ du paysan n’a pas à devenir la paillasse du chercheur, d’autant que personne n’a travaillé sur les transferts qui peuvent exister par les micro-organismes du sol.
    Il dit avoir rencontré les représentants de l’association française de lutte contre la mucoviscidose, et que ces derniers sont tombés d’accord avec lui : les médicaments doivent être produits en usine et pas dans des champs. Il conclut en appelant les auditeurs à venir s’inscrire comme faucheurs volontaires de plants d’OGM sur le stand de la Confédération paysanne.





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