FSE/ESF Forum social européen/European Social Forum - Travail et émancipation humaine
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Travail et émancipation humaine [fr]
30 December 2003

Le titre choisi pour ce séminaire " Travail et émancipation humaine, le travail n’est pas une marchandise", relevait d’un double choix :

- celui de mettre le travail en perspective de choix de société, participant à intégrer la question du travail dans des visions alternatives pour une autre Europe et un autre monde,

- celui de rappeler que le travail, les travailleurs ne sont pas des marchandises. A cette occasion, nous avons repris la déclaration faites lors de la création du BIT en 1944 qui fixait comme principe fondamental dont devait s’inspirer les Etats membres : "le travail n’est pas une marchandise", mot d’ordre aujourd’hui largement repris pour toute activité humaine considérée comme non marchande.



 

Le séminaire a reçu un très bon accueil tant par la participation que par la qualité des échanges. Il a révélé un besoin de débat théorique à travers les nombreuses interventions, besoin auquel il n’a pu que répondre que de façon limitée compte tenu du temps imparti.

Le débat a été confronté à des situations réelles, mettant en jeu des hommes et des femmes dans la complexité de leur vie par l’intermédiaire d’une projection de trois extraits de documentaires pendant le séminaire, ces documentaires étant projetés dans leur intégralité au cours d’une soirée débat (Chômage et précarité : L’Europe vu d’en bas, de Catherine Pozzo Di Borgo, 2003, Porto Maghera de Paolo Bonaldi, 2002, SOS Hôpital de Marcel Trillat, 2003).

Trois thèmes ont été principalement débattus :

1) Le premier a trait à la valeur du travail et à son apport à l’émancipation. Une première approche considère qu’il ne peut y avoir émancipation sans travail. Les hommes et les femmes retirent de leur activité de travail beaucoup plus que leur rémunération à travers leur développement individuel, la création de liens sociaux, la transmission des savoirs, l’émergence de solidarités.

S’il émancipe, le travail reste ambivalent. Tout dépend des situations de travail, des conditions de travail, de la santé au travail. L’émancipation au travail est, dans cette optique, un passage obligé pour l’émancipation humaine. Aujourd’hui, la valorisation par les gouvernements de la "valeur travail" sert à déconstruire les droits sociaux.

Face au chômage, à la flexibilité, à la précarité, de nouvelles perspectives de garanties sont à construire avec, par exemple, comme le propose la CGT, un nouveau statut professionnel du salarié ;

Une deuxième approche s’est manifestée qui critique la valorisation du travail comme valeur fondamentale et met l’accent sur le droit au travail en tant que perspective de politique alternative ayant pour objectif le plein emploi. On ne doit pas considérer le travail comme l’activité par excellence à travers laquelle doit se constituer l’essentiel du lien social.

Même libéré de la contrainte du capital, le travail ne peut pas devenir une activité vraiment libre. Aussi, l’émancipation doit se penser à travers la dialectique "temps libre-temps de travail", ce qui fait de la réduction du temps de travail une revendication essentielle. Dans cette vision, il est nécessaire d’émanciper le travail et de s’émanciper du travail.

2) Le deuxième thème soulevé faisait lien avec le premier et concernait le questions posées et les obstacles rencontrés pour construire un rassemblement en faveur des salariés subissant inégalités, discriminations, dominations.

Si on prend l’entrée des femmes dans l’activité salariée, on constate que celle-ci a favorisé leur émancipation. Le droit au travail a été un élément déterminant pour leur autonomie. Les femmes continuent à vouloir, à tout prix, travailler. Pour autant, elle n’ont pas réglé les questions liées aux inégalités, discriminations, dominations.

Le rapport Travail/ domination/ émancipation ne se présente pas de la même façon pour les hommes et les femmes. L’enjeu semble se situer dans l’émancipation avec le travail et dans le travail, ce qui conduit à lutter pour le droit au travail et pour changer le travail. De façon plus large, le débat a porté sur les obstacles rencontrés pour favoriser les rassemblements et qui ont trait à la réalité du travail, aux rapports des individus à celui-ci, aux perceptions des réalités.

Le rapport au travail est souvent vécu à partir d’exigences de groupes de salariés étant dans la même situation ( chômeurs, exclus, précaires, salariés du Secteur Publics...) et non comme enjeux de classe. Les formes d’organisations sociales qui représentent ces groupes ont tendance à additionner leur action, chacune représentant sa catégorie.

L’atomisation des situations apparaît comme un lourd obstacle dans les rassemblements à construire. Aussi, le travail est à considérer comme une question clef pour bâtir de nouvelles stratégies de rassemblement et d’émancipation.

3) Le troisième thème débattu a été celui de l’articulation entre le travail et ses finalités au sein des entreprises et des services publics.

Les structures économiques, sociales, institutionnelles ont rendu le travail dépendant de la financiarisation. Le social est devenu une variable d’ajustement dans une logique de rentabilisation maximum du capital.

Dans les services publics, cette logique tend à assimiler efficacité à, par exemple, nombre d’actes effectués dans un temps donné ce qui n’intègre pas la qualité des services. Or, il n’y a pas qu’un seul critère d’efficacité. Dans l’entreprise, l’employeur chiffre le nombre de salariés à supprimer pour rétablir des résultats financiers.

Le raisonnement ignore le travail. Que font les gens qui travaillent dans l’entreprise ? Que produit ce travail ? Comment le rendre plus utile et plus efficace ? Les modes de gestions apparaissent comme intangibles ce qui produit des effets de démotivation.

Il faut donc investir le champs de l’économique et y introduire un véritable débat démocratique. Le monde de l’entreprise doit être distingué de la société de capitaux qui est seule reconnue juridiquement. Reconnaître l’entreprise avec de nouveaux droits pour les salariés peut être un socle pour une nouvelle efficacité productive et pour réorienter les relations entre l’économique et le social. La modification en profondeur du rôle des banques et du crédit paraît également indispensable.

Toute la richesse du débat qui s’est tenu n’a pu masquer les nombreuses insuffisances. Nous en avons relevé ici quelques unes mais il en existe bien d’autres.

La diversification et de la complexification des situations de travail n’a pu être suffisamment débattue. Les statuts des salariés, des entreprises se sont multipliés. La perception des décideurs est très floue. Avec les possibilités ouvertes par la révolution informationnelle, les mutations dans le travail ont profondément bouleversé les modes d’organisation et de contrôle du travail.

Des participants ont souligné les besoins nouveaux de formation et d’information créant de nouvelles exigences de reconstruction de communauté de travail, de systèmes assurant la sécurité d’emploi et de formation..

Les dimensions internationales n’ont été qu’effleurées. Si les discussions, grâce à l’intervention de nombreux participants européens, ont montré que les questions qui se posent dans les divers pays sont de même nature, le débat sur les perspectives est resté sporadique, laissant ouvertes les grandes questions posées par les inégalités à l’échelle mondiale et sur la place du travail dans une vision d’émancipation mondiale.

Il en a été de même pour ce qui concerne l’approche économique intégrant les délocalisations et les investissements directs à l’étranger avec leurs conséquences sur l’avenir de régions entières. Les territoires sont mis en concurrence entre eux afin d’organiser un aménagement du territoire attractif pour les capitaux. Ceci a des conséquences, non seulement sur le travail mais aussi sur la vie dans les cités et les régions, dimension qui appelle la construction de nouvelles solidarités territoriales.

Ainsi, le séminaire a permis d’ouvrir de nombreuses pistes de réflexions qui doivent être travaillées et confrontées à la réalité. Il y aurait grand intérêt à ce que les dimensions du Travail soient pleinement intégrées dans les futurs FSE.






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