FSE/ESF Forum social européen/European Social Forum - Tourisme solidaire et responsable au Forum social européen
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Tourisme solidaire et responsable au Forum social européen [fr]
7 January 2004

 

Le réseau DANTE était représenté par FERNWEH, "forum tourisme et critique" qui mène de multiples actions d’analyse critique (constructive) et d’éducation, de sensibilisation. Fernweh a exposé la genèse de " Carton Rouge au Tourisme " : la quasi-absence de la thématique du tourisme à Rio en 1992 et dans l’agenda 21, sa prise en compte insuffisante et contradictoire par la Commission du développement durable de l’ONU en 1999 et lors de la Convention sur la Biodiversité à Nairobi en 2000 ; les controverses sur "l’année de l’écotourisme" en 2002 ; enfin les périls de l’Accord Général sur le Commerce des Services négocié au sein de l’Organisation Mondiale du Commerce.

10 belles aquarelles originales de Marlene POHLE illustraient les 10 points du Carton rouge et Dora Valayer, présidente de l’association Transverses (référent français du réseau Dante) a distribué la traduction française résumée.

Le réseau DANTE insiste sur les aspects sociaux et environnementaux pour contrebalancer l’approche majoritaire essentiellement économique.

Les 10 points du carton rouge doivent faciliter les recherches et actions communes avec des organisations spécialisées dans tel ou tel domaine concerné par l’impact du tourisme, vu que celui-ci est une problématique éminemment transversale.

Pour la première fois, le tourisme sera présent comme thème transversal ("cross-cutting issue") au Forum social mondial, lors de sa 4ème édition à Mumbay, en Inde, du 16 au 21 janvier 2004. Plusieurs séminaires et ateliers sont prévus, pour aborder plusieurs aspects, et tout est en ligne afin que ceux qui n’iront pas puissent contribuer au débat.

Les stratégies du réseau DANTE sont de trois ordres :

- Celles qui visent à faire pression : les campagnes sur la responsabilité des entreprises touristiques, la bonne gouvernance, la certification du tourisme équitable ;

- La protestation et la résistance : contre les opérations d’accaparement foncier, et lors des conférences internationales ;

- l’éducation et la sensibilisation sur le racisme, les rêves d’exotisme, le manque de respect, les relations avec les populations locales, pour aider les touristes à évoluer et repenser le tourisme, et pour aider les populations locales à réagir et trouver des solutions équitables.

Association italienne de tourisme responsable: AITR : En Italie, le débat sur les relations touristiques nord-sud a commencé au début des années 1990.

En 1997, 11 associations italiennes dont ECPAT-Italie ont co-signé une charte engageant la responsabilité du touriste, du voyagiste et de la communauté locale partie prenante. En 1998, les 11 ont co-fondé l’AITR, et parmi les 53 associations adhérentes aujourd’hui, on trouve des associations écologistes, de coopération et développement, de tourisme social, de défense des consommateurs.

Le large consensus sur cette charte a fait de l’AITR le réseau national le plus grand du monde. Sa particularité est de grouper des associations de critique constructive du tourisme et plus de 25 associations voyagistes, totalisant des voyages dans une trentaine de pays et une dizaine d’expériences en Italie même. La charte "Italia Bel Paese" valorise le patrimoine local, la rencontre et la découverte de modes de vie locaux.

Sur plus de 350 boutiques de commerce équitable, une bonne quinzaine diffuse déjà les offres de tourisme et l’AITR forme d’autres responsables de boutiques à cette compétence.

L’AITR cherche aujourd’hui à favoriser l’élaboration de critères par les populations d’accueil elles mêmes (quels services offrir, quels aspects de la culture locale donner à voir ?) et à mettre en place avec la population locale des dispositifs d’évaluation continue de la relation touristique, de façon à surveiller ensemble d’une part le degré d’implication ce cette population locale, d’autre part l’impact local du tourisme (quelles richesses créé-t-il, quels problèmes génère-t-il ?).

Grâce à un séminaire sur le tourisme au second FSM, à Porto Alegre en 2002, l’AITR s’est mise en réseau avec des Sénégalais, des Brésiliens, des Mexicains, des Nicaraguayens. Au FSM de 2003, elle a co-organisé un séminaire sur les droits des consommateurs : les droits des touristes et ceux des populations locales sont-ils en conflit ?

Enfin, le fait de proposer aujourd’hui des voyages en Europe (après avoir commencé en Inde) montre que des voyages différents sont possibles et représentent une utopie universelle qui se construit avec un débat politique de haut niveau ; ces applications concrètes prouvent à l’industrie touristique que "certaines utopies ont des jambes pour marcher" ("algunas utopías tienen piernas para caminar" : dixit Alfredo Somoza, porte-parole d’AITR).

L’UNAT, Union Nationale des Associations de Tourisme (France)a été fondée il y a 8 décennies ; co-fondatrice du Bureau International du Tourisme Social, coordonne le secteur du tourisme social et associatif français.

D’après Carla Rasera, chargée de mission "affaires internationales et tourisme solidaire" auprès de l’UNAT, en France le secteur est dans une phase de structuration ; le terme " tourisme équitable" est controversé et fait l’objet d’un texte en préparation au sein de la plate-forme du commerce équitable (seuls deux acteurs touristiques sont officiellement membres de la Plate Forme, les voyagistes TDS et Croq’nature). Si les degrés d’engagement des prestataires sont différents, on s’accorde à reconnaître un ensemble de critères nécessaires :

- préparation du voyageur : rencontre et communication avec la population locale,retombées économiques : part du prix du voyage qui va au pays d’accueil, choix de prestataires locaux, achats chez différents artisans,...

- dimension environnementale : sensibilisation, utilisation des matériaux locaux,recyclage des produits selon le lieu de séjour etc.

- Implication dans des projets de développement local d’intérêt commun

Une grille de lecture a été élaborée à l’UNAT et sera utilisée pour la sélection des produits de tourisme solidaire et responsable présentés dans la prochaine édition du répertoire "D’autres voyages. Du tourisme à l’échange".

L’un des principaux efforts de l’UNAT est de contribuer à la constitution des réseaux en France et au niveau international, avec les pays du Nord et du Sud.

L’UNAT a co-organisé le FITS, premier Forum International du Tourisme Solidaire (voir la brève sur ce site ; un compte-rendu sera en ligne sur le site concerné dès sa validation), regroupant des représentants de sept dizaines de pays en région PACA en septembre 2003. Les pays du Sud y ont fait part de structures déjà existantes insoupçonnées. Une mise en réseau s’avère urgente pour que tous ceux qui souhaitent choisir le tourisme responsable et solidaire disposent d’informations à la hauteur de la diversité de l’offre. Certes, l’impossibilité de négocier avec les compagnies aériennes à cause de la taille réduite des groupes et les salaires décents pratiqués se traduisent par des prix élevés.

Après des discussions sur la terminologie (éthique, équitable, durable), le double qualificatif " solidaire et responsable " semble faire consensus autour d’un tourisme intégré, soucieux de l’écologie et respectueux.

Tourisme et développementsolidaires (TDS), représenté par son président, Claude Hannoun, a projeté un film promotionnel de 20 minutes intitulé "Doudou" sur un séjour de Français dans le village du même nom. Dans 4 villages du Burkina Faso sélectionnés pour leur intérêt et leur plan de développement (forages, hangars, greniers, logement de l’instituteur.), TDS propose des séjours limités à 12 personnes et axés sur la découverte, la rencontre, les échanges. Ainsi s’est ébauché un espace de rencontres où la diversité des uns et des autres permet à chacun d’enrichir sa propre culture.

Un représentant de Peuples Solidaires (un des précurseurs en France dans la sensibilisation) a demandé comment les villages d’accueil burkinabés étaient choisis et ce qui se passerait dans quelques années quand la spontanéité des échanges s’émoussera.

TDS sélectionne un nouveau village par an depuis 4 ans. Le village doit être agréable (harmonie politique locale, plusieurs activités différentes à observer ; plan de développement - TDS s’informe régulièrement de l’avancement des projets grâce aux revenus touristiques ; population informée, volontaire voire enthousiaste). Le personnel est formé (stage de 2 semaines à Ouagadougou, contacts avec les animateurs d’autres villages d’accueil), la concession est construite, un séjour test est effectué. La durabilité des activités touristiques est envisagée de deux façons. La première est de faire travailler un village pendant 4 ou 5 ans puis le laisser se débrouiller quelques années ; de fait le village qui a commencé le premier il y a trois ans n’est plus tout à fait aussi chaleureux.

La seconde façon consiste à demander aux villages de se fédérer et de participer à l’Union Nationale des Villages d’Accueil, donc à "africaniser " cette partie de l’opération et ne plus s’occuper en France que du recrutement des voyageurs européens. Les villages sont ouverts à tous, Africains ou autres.

Pour sa part, l’association Passages Voyages choisit ses destinations sur la base d’un appui à des projets de développement local menés sur place par des gens capables de les reprendre à leur compte et de les gérer en autonomie : pré-scolarisation des enfants, alphabétisation des femmes, forage de puits, électrification (au Brésil, dans le Sud du Maroc, dans le Sud de l’Algérie). Les circuits permettent de rencontrer la population, de découvrir sa culture, son habitat, son urbanisme dans les favelas par exemple.

Rafael trouve que le film illustre le nouveau colonialisme dont le tourisme est vecteur. Une autre personne est dérangée par le film et demande ce qui se passe lorsque les Africains demandent à garder le contact et quelles sont les consignes données aux touristes sur ce point.

Catherine, enseignante chercheur en anglais et ethnologie, ayant beaucoup travaillé sur la représentation sociale de l’étranger, alerte sur l’image que nous avons des peuples lointains (une étude sur la présentation de l’Australie dans 25 manuels scolaires d’anglais pour le secondaire a révélé les mêmes clichés que dans les brochures touristiques) et sur la surexploitation du personnel des croisières, la marine marchande naviguant généralement sous pavillon de complaisance. Un film diffusé par FR3 et intitulé "La croisière " a montré quelques-uns des aspects sociaux désastreux de ce secteur.

La réciprocité est-elle possible dans ce genre de voyages ? Sinon, peut-on vraiment parler de tourisme solidaire ?

Réponse de plusieurs voyagistes : faire venir des gens du Sud coûte très cher, TDS fait venir un représentant de village à chaque AG de l’association, Croq’Nature aussi invite les délégués touaregs des campements du Sahara, mais le choc économique est très fort tellement l’échelle des prix est différente. Faire venir un groupe du Sud est donc exceptionnel et pas forcément souhaitable.

L’offre "solidaire et responsable " : d’après Jean-Luc de Croq’nature, on voit certes beaucoup d’articles sur ce thème mais très peu de départs s’effectuent dans ce segment de marché.

L’UNAT estime ces départs à quelques milliers, toutes associations françaises confondues, et souhaite une étude de marché pour 2004 à la faveur d’un projet de coopération bilatérale entre les ministères du tourisme italien et français. En Italie, l’estimation tourne autour de 15 000 départs.

Quelqu’un insinue qu’il faut davantage culpabiliser les touristes "irresponsables " : tollé général, ce n’est pas comme ça qu’on les fera évoluer vers le tourisme responsable.

L’UNAT reconnaît la contradiction entre le tourisme social de masse et le tourisme responsable : on veut que plus de gens accèdent au voyage mais sans les effets négatifs. Pour s’attaquer à ce monstre qu’est l’industrie touristique, il faut que se multiplient les micro-projets afin qu’ils acquièrent un certain volume dans les pays d’accueil et qu’ils fassent pression sur l’industrie. L’UNAT essaye de faire évoluer l’offre des comités d’entreprise et le rayon d’action de l’ANCV (association nationale des chèques vacances), partenaire privilégié depuis longtemps. Elle a signé un accord avec 5 confédérations syndicales européennes sur les conditions de travail dans le tourisme.

Anne rappelle que le tourisme solidaire et responsable, ce ne sont pas que des forfaits ni des voyages de gens du Nord dans des pays du Sud, mais aussi des prestations à la carte et des voyages près de chez soi. Le transport est rarement pris en compte sauf dans le Carton rouge ; et si on parle de solidarité inter-générationnelle il serait temps de s’inquiéter des dépenses en carburants, en énergie et matières premières pour l’industrie automobile, aéronautique etc., en émissions de gaz à effet de serre qui grossissent l’immense dette écologique du Nord envers le Sud. Etre responsable c’est aussi résister aux stéréotypes, aux modes et autres conditionnements.

L’association Belleville Insolite, pionnière en matière de tourisme durable urbain, représentée ici par Olaf et Isabelle, invente un véritable "tourisme autrement" en plein Paris, dans des quartiers à l’image non touristique. Il s’agit d’une politique de développement local harmonieux qui s’appuie sur des valeurs fondamentales de participation, de responsabilité, de respect et qui permet aux visiteurs d’aller à la découverte, à la rencontre de l’autre Paris.

Patrice, membre du réseau Action Jeunes (au sein de la fédération Léo Lagrange), signale la similitude entre les critères du tourisme responsable et solidaire et ceux des chantiers de jeunesse . Il demande comment les voyagistes communiquent vers les jeunes et s’ils participent au programme "jeunesse " de l’Union Européenne.

Roberto Varone représente CISV (Comunità Impegno Servizio Voluntario) - Communauté engagement service volontaire), ONG travaillant depuis 30 ans sur des projets de développement en Afrique et en Amérique Latine et membre de l’AITR. CISV propose depuis 4 ans des voyages sur place liés aux projets et a fondé avec d’autres ONG le voyagiste CTA qui commercialise des produits touristiques d’une dizaine d’ONG humanitaires. CTA fait actuellement partir 400 touristes par an.

CISV travaille auprès des jeunes Italiens sur le tourisme dans les pays émergents et en Italie pour la critique du tourisme et l’évaluation de son impact, pour leur proposer des voyages solidaires, pour les associer aux projets de développement et surtout pour former les touristes actuels et futurs ainsi que les élèves des lycées touristiques. Il y a deux ans, CISV a édité avec l’AITR et l’appui du Ministère des Affaires étrangères un CD-rom et un livre de jeux interactifs sur le tourisme responsable.

Par exemple, un des jeux de rôle sensibilise à l’impact des Jeux Olympiques qui auront lieu près de Turin en 2006 : une foule pendant quelques jours sur un tout petit territoire, c’est tout le contraire du tourisme durable. (ndlr : et le forum social européen ?).

CISV propose des circuits touristiques à Turin dans le quartier multiculturel San Salvario : les habitants découvrent leuur propre ville, ses associations d’immigrés, ses écoles. CISV participe au programme "jeunesse " de l’U.E. en envoyant des volontaires européens pour 6 mois en Amérique Latine sur des projets de tourisme et développement et espère que l’U.E. donnera un jour des fonds envoyer des volontaires Latino-américains en Europe.

Etienne qui organise des circuits dans le Sud du Maroc se demande quelle image les gens des pays en développement se font des touristes qui viennent. Souvent, d’après lui, ils pensent avant tout à son argent. Le tourisme est une démarche d’habitant de pays riche. Là où il opère, l’électricité est arrivée il y a 3 ans et il y a déjà profusion d’antennes paraboliques. Les bénéfices du tourisme doivent financer des micro-projets non touristiques car le tourisme entre facilement en crise. La formation des habitants est très insuffisante.

Pour René, ce n’est pas qu’une question d’argent, mais aussi d’enjeux politiques .Passages Voyages vise à faire comprendre les dynamiques sociales sur un territoire donné, par exemple dans le Souss en rendant visite aux coopératives de femmes produisant de l’huile d’argane ou au Brésil en coopérant avec les associations d’Indiens et le MST (Mouvement des Sans Terre). Il s’agit là d’une vision politique de la mise en ouvre du développement : le Sud a beaucoup à nous apprendre, et sa logique communautaire bat en brèche notre logique individualiste.

Anne rebondit : nous ne replaçons peut-être pas suffisamment le tourisme responsable et solidaire dans le contexte des mécanismes planétaires qui régissent les relations Nord-Sud notamment la dette qui étrangle le Tiers-Monde. Ces petites gouttes d’équité dans un monde inique sont-elles seulement destinées à nous donner bonne conscience, ou véritablement à faire changer les choses et à nous faire évoluer dans nos comportements et nos mentalités ?






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