FSE/ESF Forum social européen/European Social Forum - Face aux licenciements, quelle riposte ?
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Face aux licenciements, quelle riposte ? [fr]
8 December 2003

Les vagues de licenciements s’accélèrent dans toute l’Union européenne. Comment lutter concrètement contre les licenciements au niveau européen ?



 

PRESENTATION

Les vagues de licenciements s’accélèrent dans toute l’Union européenne. Les chiffres du chômage qui avaient connu une pause remontent de plus belle. Tout cela au nom de la concurrence et du marché libre.

Souvent les intéressé(e)s se retrouvent le dos au mur. Comment sortir de cette impasse ? Le séminaire voudrait permettre l’expression des premier(e)s concerné(e)s, mais aussi mettre en valeur des expériences de lutte concrète contre les licenciements.

Il voudrait aussi poser les problèmes d’une nécessaire coordination européenne notamment au niveau syndical pour empêcher le patronat européen d’imposer ses lois et règles (ou plutôt leur absence ...) en la matière.


COMPTE RENDU DU SEMINAIRE

Catherine Lebrun plante le cadre. L’économie mondiale a changé d’échelle. Les enjeux pour la moindre unité productive sont d’emblée mondiaux. Les ajustements, dans la production des biens et des services, sont permanents et les licenciements en sont le mode principal. La concentration financière va de pair avec une déconcentration productive qui touche tous les secteurs. Les unités productives sont plus petites, plus réparties dans le monde, et le salariat est éclaté en de multiples statuts et employeurs. Les unités de production subissent des délocalisations successives ; les travailleurs des pays où ça délocalise n’ont donc pas de garantie. Il n’y a pas de limitation par la qualification : avant cela ne concernait que le textile et les usines de main d’œuvre, mais aujourd’hui c’est les ingénieurs indiens ou chinois qui pèsent sur l’emploi et les salaires des européens.

Les ajustements du capital devenus mondiaux, la lutte devrait aussi changer d’échelle. On en est loin. Néanmoins, il y a possibilité de s’opposer aux dégâts du capitalisme. D’obtenir des choses contre les grands groupes.

Trois expériences assez poussées ont été relatées : Siemens à Frankfort, Jabil à Brest et Daewoo en Lorraine.

  • 1/Pour Léo Mayer, l’originalité de Siemens (plusieurs milliers de salariés à Frankfort/Main) est dans la création, courant 2001, d’un réseau autonome de salariés à la base regroupant les licenciables et les collègues solidaires. Autre originalité, le syndicat a favorisé ce réseau et pris appui dessus pour se renforcer face au patron. La lutte n’a pas permis d’annuler tous les licenciements mais en a sauvé la moitié. Cette pratique du syndicat, en rupture avec les habitudes de collaboration avec le patronat, montre qu’il est possible de revitaliser le syndicat et de retrouver de la puissance en se liant à un tel réseau.
  • 2/Hervé Hall décrit l’histoire de Jabil à Brest. Celle-ci montre d’abord l’évolution des pratiques patronales. Alcatel a décidé de sous-traiter toutes ses usines. Elles sont cédées à façonniers, tel que Jabil Circuits, qui sont eux-mêmes des monopoles mondiaux achetant tel site, puis le revendant ou le fermant au bout de quelques années après retour sur investissement. En positif, le camarade a aussi mis en avant les rapports, au cours de l’année, avec divers comités ATTAC et des relations avec des fabricants du secteur, concurrents à Jabil.
  • 3/La lutte des Daewoo (deux usines de 800 personnes en tout) montre d’abord la complicité de l’Etat fournissant des subventions à l’implantation puis accompagnant la fermeture en continuant à mettre la main à la poche et réprimant sévèrement la lutte (garde à vue de 5 travailleurs, dont l’intervenante Isabelle Banny, responsable de L’Union Locale CGT de Longwy, et prison préventive pour deux travailleurs). Elle montre aussi la collusion du syndicat CFDT local qui, doublée avec l’incendie criminel du 23 janvier dernier, a eu raison de la lutte. Celle-ci s’est faite avec occupation du site et menace de déversement de produits chimiques. A un moment donné les salariés ont abandonné la défense de l’emploi pour se réduire à la lutte pour des indemnités.

Cette lutte est l’une des composantes à l’origine d’un réseau de luttes d’entreprises en restructuration. Ceux d’ACT (Anger), Lu-Danone (Ris-Orangis), les Daewoo et plusieurs autres groupes de licenciés se rencontreront en début d’année 2003. Il y aura une manif commune (en fait la prise de tête d’une manif CES, le 21 mars, à 700, devant le carré des personnalités). Néanmoins, ce regroupement, fondé sur quelques luttes phare, s’éteindra en même temps que les luttes qui l’ont constitué.

Cela qui pose le problème de la difficulté de maintenir un réseau. C’est pourtant nécessaire car les grands syndicats ne font pas ce travail de convergence et ne l’ont jamais fait depuis 30 ans. Christian Schweyer, délégué CGT à Aventis Vitry, membre de ce réseau, en propose une explication : sauf exception, la lutte se fait boite par boite sur des contre plans industriels propres au secteur ; une méthode de lutte peu propice aux convergences entre travailleurs restructurés de différentes branches. L’axe du maintien de l’emploi doit être l’axe central (les victoires sur le niveau d’indemnités n’empêchent pas la dispersion, le recul du collectif, le chômage) mais il doit se décliner sur des objectifs unifiant les travailleurs (réduction du temps de travail, lutte contre le travail intensifié, titularisation des précaires, embauche dans les services public).

L’activité des comités AC ! du Nord de la France, décrite par Jacques Désidéri, a rencontré les mêmes difficultés. Elle s’est confrontée aux comportements des syndicats qui se posent en concurrents dans l’organisation des chômeurs (travail qu’ils ne font que très rarement) et en écran par rapport aux travailleurs d’usine. Il y a eu le souci chez les comités AC ! de se raccorder systématiquement aux luttes des contre les restructurations, très nombreuses ces dernières années. Cependant les problèmes dans la construction de solidarités ne venaient pas que des syndicats mais aussi des salariés, qui ne veulent pas voir leur avenir de chômeur. Pourtant les bases d’unité existent. Plus personne ne peut dire « Je ne serai jamais au chômage ».

Ces bases d’unité existent aussi entre travailleurs de pays différents, les usines jouant à saute-pays. Les liens sont importants pour démonter le discours patronal et ses manœuvres de division. Important aussi pour se fixer partout des objectifs de lutte qui ne soient pas nationalistes et n’opposent pas un groupe de travailleurs à un autre, une implantation industrielle à une autre.

L’ensemble des intervenants, sous divers aspects, mettront en avant la nécessité d’une convergence contre tous les licenciements (pas simplement les licenciements collectifs mais aussi les licenciements individuels ; ces derniers sont majoritaires dans l’ensemble des licenciements pour cause économique) et contre les politiques d’ensemble qui aggravent les conditions de vie et d’emploi en cherchant à faire sauter toutes les contraintes des codes du travail.

Alternatives

Plusieurs logiques plus ou moins contradictoires se sont superposées sans véritablement se heurter.

Certains intervenants, comme Dimitri Stratoulis et des intervenants de la salle, mettant l’accent sur la nécessité de peser pour une politique européenne globale, alternative néo-libéralisme à l’œuvre, pour brider la politique des grandes entreprises, empêcher les licenciements massifs et promouvoir une politique de croissance de l’emploi. La proposition d’instaurer une minorité de blocage attribuée aux syndicats dans les conseils d’administration des entreprises pourrait se situer dans ce cadre.

D’autres, portant un critique plus profonde du capitalisme, partent de la situation du travailleur pour imposer aux capitalistes des règles. Ces règles doivent se baser sur la reconnaissance de droits fondamentaux comme le droit à l’emploi. La mobilisation à long terme étant la sortie du capitalisme. La mobilisation d’aujourd’hui devant se fixer comme objectif une loi contre les licenciements et l’imposition au patronat d’un fond de solidarité apportant une véritable garantie de revenu aux salariés.

D’autres enfin, sans forcément être contre se battre pour une loi, situent leur combat dans le cadre d’une lutte de classe pour abattre le capitalisme et limitent leurs propositions aux axes de lutte.

Le seul débat du séminaire a partagé deux intervenants sur l’opportunité de se battre pour un statut de salarié avec garantie de revenu. Tout le monde est d’accord cependant sur une chose : faire payer le patronat. Les travailleurs n’ont pas à régler la facture de la guerre économique. La revendication de réduction massive du temps de travail a fait aussi l’unité. La revendication a été déconsidérée par les 35 heures Aubry mais il faut s’en ressaisir car c’est un axe qui concerne tous les travailleurs et les chômeurs réunis.

Les moyens à mettre en œuvre

Ils ne sont pas à la mesure du niveau des enjeux. Mais les différentes interventions montrent de multiples pistes qui font de cette construction du rapport de force un chantier qui doit avancer dans de nombreuses directions.

- D’abord, il y a nécessité de construire à la base des réseaux de solidarité concernant aussi bien, au sein de l’entreprise, ceux qui sont touchés par les licenciements et ceux qui ne le sont pas.

- Nécessité pour ces collectifs ou pour les structures syndicales en lutte de tisser des liens locaux, en interpro avec d’autres syndicats mais aussi avec des comités de lutte (par exemple de précaire et de chômeurs) et des associations (comme ATTAC).

- Nécessité d’alimenter la construction d’un mouvement de chômeurs en vue d’une lutte convergente chômeurs-salariés.

- Nécessité de se coordonner à l’intérieur du trust, entre tous les syndicats du monde entier. Nécessité de contacts internationaux.

- Nécessité de tisser des liens avec d’autres salariés et syndicats du secteur ; entre externalisés et ceux qui ne le sont pas, entre travailleurs d’entreprises concurrentes.

- Nécessité pour les syndicats qui sont sur des bases de lutte, d’appuyer les initiatives autonomes de salariés et de construire ces liens multiformes.

- Nécessité, face aux carences et aux oppositions des grands syndicats, de fonctionner en réseau de syndicats de base. Nécessité de ne pas réduire ce réseau aux luttes phare du moment mais d’avoir une assise large permettant une permanence d’organisation.

Tous ces liens sont à construire pour permettre des initiatives communes et un rapport de force qui dépasse le local. En retour, ces initiatives renforceront les liens et nous nous hisserons peu à peu à la hauteur des enjeux que nous posent le capitalisme.






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