FSE/ESF Forum social européen/European Social Forum - Quelle coopération Nord Sud dans le domaine des nouvelles technologies ?
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Quelle coopération Nord Sud dans le domaine des nouvelles technologies ? [fr]
3 February 2004

A partir des exemples concrets d’actions de terrain des trois structures associatives organisatrices et le recul d’un acteur local fortement impliqué dans ce domaine, dresser les problématiques des différentes formes de coopération NORD-SUD dans le domaine des TIC : Quels besoins ? Quelles attentes ? Quels freins ? Quels risques ?



 

Une vingtaine de personnes ont assisté à l’atelier.

Présentation d’actions de coopération

- CSDPTT, par Bruno Jaffré

CSDPTT est une structure qui rassemble des professionnels de la Poste et des Télécoms, comptant une cinquantaine d’adhérents. Elle existe depuis une quinzaine d’années mais connaît une activité réellement importante depuis 8 ans environ. BJ a décliné les activités de son association sur quatre points :

  • L’installation de téléphones en s’appuyant sur des conventions, avec le souci triple de la collaboration avec l’OPT local, de la création d’associations relatives à ces installations et des opportunités de réussir à y faire vivre des télécentres.
  • L’appui au développement des nouvelles technologies par du soutien d’associations (cf. convention avec l’association Yam Pukri au Burkina Faso) et des actions de formation à la demande.
  • Le conseil technique sur la mise en place de télécentres et de cybercentres avec le souci de privilégier le développement du réseau télécom terrestre (économie locale) par rapport au accès satellite (fuite des capitaux). Suite à une réaction d’un des participants, il a été évoqué le cas « des projets » de satellite africain, ce qui bien évidemment remet en question la notion de fuite de capitaux vers le Nord pour les accès satellitaires.
  • La réflexion sur la privatisation forcée et l’accès aux réseaux des pays du Sud, avec notamment une forte implication des membres de CSDPTT dans le les débats du SMSI.

- Africa Computing (AC), par P. Drouot

AC est basée à Marseille et, d’après P. Drouot, ses principaux domaines d’activité sont les suivants :

  • Les actions de formation orientée « réseau informatique » (par exemple au Burkina Faso, en Mauritanie, au Tchad ou encore au Niger) au cours d’ateliers destinés en pratique à des professionnels du secteur de l’informatique.
  • L’hébergement gratuit de sites à contenus africains, à travers une plate-forme multi services (en intégrant l’utilisant de SPIP notamment), hébergement provisoirement en France en attendant de saisir les opportunités adéquates d’hébergement sur site africain à terme.
  • L’expertise, l’étude ou encore l’appui au « montage » de projets orientés NTIC.
  • La collecte de matériel informatique.

- NTBF, par F. Blot

FB n’a pas détaillé les activités point par point de l’association NTBF, précisant simplement par rapport à CSDPTT et AC la spécificité géographique des actions de NTBF (limitées au Burkina Faso) et la cible privilégiée, les enfants et les jeunes, dans un cadre pédagogique. Par contre, le mode de coopération Nord-Sud de la structure a été détaillé :

  • Une organisation bicéphale franco-burkinabé avec deux bureaux distincts (NTBF Burkina et NTBF France) et un nombre d’adhérents nettement supérieur côté burkinabé.
  • Un mode de fonctionnement client-fournisseur entre les deux entités, NTBF Burkina proposant des projets, NTBF France les soutenant en terme de ressources humaines (compétences) ou logistiques, et NTBF Burkina restant maître d’œuvre de la réalisation de ceux-ci.
  • Indépendance « réaliste » des opérateurs terrains Burkinabés avec soutien en ligne par des formateurs français quand le besoin se fait sentir.
  • Choix d’un fonctionnement en terme de « micro réalisation » sur une cible précise pour permettre une réelle incubation progressive et l’acquisition de compétences « projets ».

DEBAT

Suite à ces différentes présentations, Alain Roblin Demont a laissé le soin à Ken Lohento d’ouvrir les débats.

- Premières pistes de réflexion, par K. Lohento

KL s’est présenté comme responsable de l’association ORIDEV (association béninoise pour la promotion des NTIC pour le développement) et responsable d’iafric , une association ayant pour ambition la promotion du développement et de la communication en Afrique. KL a souligné les difficultés actuelles d’ORIDEV concernant son activité de cyber, pour l’instant en veilleuse.

  • 1.Identités des associations africaines spécialisées dans le domaine des NTIC

Les premières associations se sont crées dans les années 90. Ce sont donc généralement des structures très jeunes et composées à majorité par de membres jeunes. Pour nombre de ces jeunes, en transit (souvent difficile) vers l’exercice professionnel le tissu associatif est un vecteur d’existence sociale, transitoire ou éphémère. Comment gérer le bénévolat associatif durable dans ces conditions ? Comment mobiliser ? Comment gérer le transfert des compétences et la pérennité du fonctionnement des structures ? Quelle position tenir face aux ouvertures extérieures (voyages, séminaires, formations …) risquant à tout moment de mener à la fuite des compétences vers l’extérieur ? Quelle relève ? Quelle gestion administrative ?

Toutes ces questions sont le quotidien du fonctionnement associatif en Afrique. Il en résulte une fragilité certaine des petites structures en perpétuelle gestion de crise. Elles interviennent peu dans le lobbying, terrain sur lequel les associations non spécialisées s’occupant du développement en général, sont plus expérimentées et efficaces.

  • 2.Besoins des associations africaines (spécialisées sur les NTIC)

Certes, l’apport financier de la coopération du Nord vers le Sud est une manne qui n’est pas négligeable. Les fonds francophones (notamment le fond francophones des inforoutes) ou encore les fonds de coopérations bi-latérales permettent des événements et des ramifications locales notables. Néanmoins, il faut regretter la trop grande rareté des appuis financiers des structures nationales vers ses associations locales. Un autre type de besoin concerne l’appui technique, notamment lié à l’informatique.

Les formations spécialisées, même par des multinationales privées, se reportent à un véritable besoin. Enfin, une forme d’appui est souvent mal identifiée par les partenaires du Nord, l’appui logistique dans le développement même de l’association. Il s’agit de permettre à une association de reposer sur des fondations plus solides (en terme de fonctionnement), et de l’accompagner dans sa démarche de constitution de projets, avant leurs réalisations. Exemple trop rare pour ne pas être signalé, la fondation de France propose un programme d’assistance pour la formalisation des projets.

  • 3.Problématiques africaines

La coopération Nord-Sud dans le domaine des nouvelles technologies permet de réussir des actions qui renforcent les associations mais ce n’est pas toujours le cas. Liés à la coopération, ambiguïté et malentendus persistent tant il peut être difficile de cerner les décalages culturels et les motivations de chacun des partenaires. La tendance à la « pré-définition occidentale» de projets NTIC, que l’on vient ensuite plaquer en Afrique et sur lesquels on demande aux associations ensuite de réagir, est une tendance lourde ! Il y aurait d’ailleurs beaucoup à discuter des mécanismes d’appels d’offres relatifs à tel ou tel financement. Cette tendance est un frein au développement et à la pérennisation de structure africaine, ne laissant la place qu’à un formatage occidental sans développement d’idées locales propres.

Comme expliquée précédemment, la gestion de crise est le quotidien du fonctionnement associatif africain : manque de temps, manque de compétences projets, problèmes intra-africains, coopération sud-sud souvent déplorable, modèle de bénévolat quasiment impossible à tenir … Les structures du Nord coopérant avec des associations du Sud doivent appréhender cette réalité du terrain et l’intégrer.

Enfin, les nouvelles technologies permettent de développer des nouvelles formes de coopération, en particulier la coopération virtuelle. Par exemple, les listes de discussion permettent un échange très régulier et conséquent entre partenaires Nord-Sud. Néanmoins, « l’expression virtuelle » ne s’affranchit pas des incompréhensions interculturelles et les codes de comportement transparaissent aussi par cette voie virtuelle. C’est un paramètre dont il faut tenir compte.

KL a cité les exemples de messages de félicitations par des africains, jugés inappropriés par d’autres, ou encore les différences sur la manière de critiquer. Un participant a certes contredit certaines des explications données, mais la problématique d’inter culturalité avec laquelle il faut composer demeure.

  • 4.Le marché de l’informatique

ARD a fait part des interrogations concernant les risques d’étouffement du marché africain par l’exportation massive de matériel re-conditionné (« de seconde main ») hors marché local. Certes, il s’agit de « recyclage » de PC encore fonctionnels, mais quelle adaptation vis à vis des contraintes du Sud ? Quel influence sur l’économie locale ? L’interdiction politique d’export de PC vers le Sud par les filiales de coopérations serait-elle une solution ?

L’ équation n’est peut-être pas aussi simple et des exemples de recyclage réussi ont aussi fait leur preuve. Pas de PC par les acteurs du Nord en Afrique ne constitue pas la solution, mais l’interrogation « idéologique » est justifiée et partagée.

Quel bénévolat?

Suite aux pistes de réflexion proposées par KL, beaucoup de réactions ont pointé du doigt les difficultés à baser un modèle de développement associatif africain sur le bénévolat. Rigobert Missinhoun (ANFA) a tenu a présenter la réalité : pour lui, les associations africaines « tirent le diable par la queue » et le travail des associations du Nord ne règlent pas tout, il faut des relais. Toujours selon RM, le profil des bénévoles du Nord (les uns composant avec leur temps libre – les autres semi-professionnels au sein de la jet-set du développement des NTIC au Sud) diffèrent énormément de ceux du Sud, généralement au chômage et en proie à de réelles difficultés d’existence.

Il s’agit d’ailleurs souvent de problème de développement lié à la société et indépendant des Nouvelles Technologies. Aussi, il a été pointé du doigt le non réalisme « de terrain » de certains projets louables (comme les PAJE) réclamant des structures africaines un fonctionnement sans rémunération du personnel associé.

Les cours de business …

Patrick Sinz (HP) est intervenu sur la problématique des « intérêts » des grands groupes (corporate) dans le développement des activités Nord-Sud. Pour lui, l’intérêt est exclusivement financier. Que veut le Nord ? En simplifiant, de l’Argent ! Avec quels moyens ? Des cybers, du matériel et des formations ? Selon lui, la question posée aux coopérations (associations) du Nord pour le Sud est la suivante : Qu’est ce qui permettrait d’utiliser les nouvelles technologies pour générer des flux financiers ? Des flux au niveau des pouvoirs publics conduisent souvent à l’impasse.

Quelle expérience, quel « business model » sur la gestion des télécentres et des cybers au Sud par les acteurs du Nord ? Certes il existe une expertise technique du Nord, mais tout comme « on n’est pas expert de l’économie des diamants au Nigéria » on est pas expert en business africain sur des domaines où il n’y a pas d’intérêts « corporate ». D’où l’idée de cours de business à monter sur ces problématiques africaines (autour du concept de bénévolat par exemple), comme véritable échappatoire.

L’Etat contre la sphère privée ? Importance du contexte juridico-politique

Le monde associatif a besoin de relais, lesquels ? Comment fonctionner face à la sphère privée ? Comment inciter la participation des structures étatiques nationales ? Pour RM, il y a un vrai problème de conscience publique de ces questions. Il pourrait y avoir un soutien fiscal de l’Etat aux entreprises des TIC concernant les taxes et les frais de douane sur le matériel par exemple. Il pourrait aussi y avoir des financements directs d’activités associatives par des structures étatiques nationales (ce qui est excessivement rare, voire inexistant). Dans tous les cas, les multinationales n’auront pas réponse à tout, donc plutôt que de les affronter, le défi consiste à trouver des solutions politiques au développement des nouvelles technologies.

Nombre d’intervenants du SUD au débat ont livré des visions assez pessimistes sur le fonctionnement de l’agrégat juridico-politique, en particulier africain. Les expériences de « retour au pays » d’entrepreneurs africains se soldent souvent par un cuisant échec associé à une cruelle confrontation au monde de la corruption généralisée. Même dans le domaine des associations, l’influence de ce contexte politique est grand. Ne pas l’évaluer ou mal estimer son importance est une grande erreur que font souvent les associations du Nord dans leur coopération avec des acteurs du Sud.

Une note un peu plus optimiste, Bruno Jaffré de CSDPTT est longuement intervenu pour expliquer concrètement comment sont mis en place les projets de téléphonie rurale, et notamment comme CSDPTT a pu obtenir la participation effective de l’opérateur local, SOTELMA au Mali, et ONATEL au Burkina Faso, et que l’accord obtenu formalisé sous forme de convention, qui prévoit une participation effective des opérateurs (logement de la mission, règlements des droits de douane du matériel importé, prise en charge du déplacement des missions, prise en charge de l’installation solaire), parait tout à fait correct même si bien sur des améliorations sont possibles.

Les infrastructures, un enjeu énorme

Le problème des infrastructures, en particulier pour les pays enclavés, est un obstacle majeur au développement des nouvelles technologies. Les acteurs de CSDPTT présents ont témoigné de la nécessaire sensibilisation à mener (envers les opérateurs, les politiques et face aux organismes internationaux) concernant les différents enjeux suivants : la vente et l’utilisation des fréquences radio, la libéralisation à marche forcée des opérateurs, la place de la société civile … C’est là tout l’enjeu du prochain SMSI à Genève.

Pour finir on peut mettre en exergue cette remarque de Rigobert Missinhoun : « l’action associative a besoin de prolongement et ne peut pas aboutir sans continuité collective. Ce n’est pas une fin en soi ».

La coopération Nord-Sud dans le domaine des nouvelles technologies, à travers les nouveaux media d’information, de communication et d’accès au savoir qu’elle véhicule, ne nourrit-elle pas cette quête d’identité collective aussi bien des acteurs du Nord que du Sud ?

Libre à chacun de s’interroger maintenant.

Compte rendu réalisé par Florent Blot de NTBF






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