FSE/ESF Forum social européen/European Social Forum - Libération humaine et religion
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Libération humaine et religion [fr]
22 February 2004

 

C’est peu dire que le monde a besoin d’un sursaut spirituel et que les êtres humains sont assoiffés de «sens». Mais dans un monde où la mondialisation d’une pensée unique a enfermé les hommes dans le cercle vicieux d’une économie entièrement dévouée au Dieu Argent, ce nouveau Dieu unique auquel tout un chacun doit se soumettre, on peut légitimement se demander si la première urgence pour les croyants de toutes les religions n’est pas d’abord de s’unir par delà leurs Eglises, de se libérer de leur croyances ou de leurs dogmes archaïques en vue de créer un sursaut mondial face à un libéralisme matérialiste croissant qui envahit le monde et écrase les hommes, bref, de "libérer le spirituel du religieux."

Tous les fondateurs de toutes les religions n’eurent-ils pas une commune ambition: promouvoir l’amour universel et faire en sorte que cet amour soit d’abord vécu personnellement par chacun? Car, comment changer le monde sans commencer par changer soi-même. De fait, tous les fondateurs de toutes les religions, Bouddha comme Jésus, ont mis personnellement en pratique ce qu’ils enseignaient. Ils faisaient ce qu’ils disaient : l’altruisme, la tolérance, l’entraide, le partage, la paix ...

C’est dire que toutes les religions ont poursuivi théoriquement un seul et même but, qu’on le nomme fraternité, compassion ou amour universel. On sait malheureusement que, pour l’atteindre, les institutions religieuses ont été loin de compte! Combien d’hommes et de femmes ont été massacrés au nom de la divinité!... Et combien n’ont vu dans la religion qu’un remède à leurs angoisses et qu’un moyen d’évasion de leurs responsbilités!

On peut seulement se demander si le "contenu intellectuel" de ces religions et le projet sociétal de ces "communautés de croyants", tels qu’ils se présentent encore actuellement dans les trois grandes religions monothéistes, le judadisme, le christianisme et l’islam, ont aujourd’hui quelqu’impact dans la construction d’un monde plus fraternel et plus juste.

Quel est en effet aujourd’hui le "contenu intellectuel" de l’amour universel, quelle forme prend-elle concrètement, socialement, politiquement? Quelle est la nouvelle "communauté de croyants" qu’attendent aujourd’hui les hommes pour retrouver l’espérance?

Ne serait-ce pas l’analyse lucide et rationnelle de l’état actuel de la planète et des peuples qui l’habitent, où 20% des humains consomment et dilapident à eux seuls 80% des richesses de la planète ? Ne serait-ce pas le rassemblement politiquement structuré de ceux qui, devant les conclusions de cette analyse, se décideraient à inverser l’actuel courant d’une pensée unique meurtrière et aveugle qui a fait de l’Argent le nouveau Dieu unique et la planète ? Ne serait-ce pas la croyance en l’Homme?

Pour la "plus grande gloire de Dieu"?! - Oui, pourquoi pas, si cela peut faire plaisir à ceux qui croient en Dieu! A condition de se rappeler que la "plus grande gloire de Dieu, c’est que l’homme vive"! N’est-il pas grand temps pour tous les croyants, ceux qui croient en Dieu et ceux qui croient tout simplement en l’Homme, de quitter leurs chapelles et leurs certitudes doctrinales ?

Une telle révolution ne peut pas venir des clercs, eux qui ont fait de la religion leur fonds de commerce et leur moyen de subsistance. Que tous les croyants de base de toutes les religions sortent enfin des sentiers battus de leurs institutions moribondes ou de leur sectarismes fondamentalistes ! Qu’ils prennent le large et inventent cette nouvelle "foi" en l’Homme, celle dont l’humanité a aujourd’hui besoin, celle du partage et de la fraternité universelle! Qu’ils laissent les morts enterrer les morts ! "On ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres !"

Mais pourquoi une telle foi, pourquoi une telle "croyance" en l’homme est-elle nécessaire ? La science ne suffit-elle pas à permettre à l’homme de se connaître et d’évoluer vers un monde plus solidaire, d’apporter à tous les hommes le "pain" nécessaire à son développement et à son épanouissement ? Produire et consommer autrement ...la science et la raison ne suffisent-elle pas à en établir l’impérative obligation sous peine de suicide collectif ? La croyance n’implique-t-elle pas toujours quelque régression dans un irrationnel suspect ? C’est que précisément "l’homme ne vit pas seulement de pain", mais aussi (surtout ?) de ces "valeurs" sprituelles qu’aucun raisonnement scientifique ne peut à lui seul fonder mais qui sont nées au fil des siècles dans le "cœur" de l’homme. C’est peu dire qu’aujourd’hui l’homme, esclave d’un matérialisme désséchant, est assoiffé de "spirituel". La fuite dans les sectes les plus échevelées ou dans le fondamentalisme religieux le plus rigoureux en sont hélas les conséquences les plus visibles et les plus négatives. Ce que l’on a pu appeler le "retour du religieux" est gros d’un retour à l’obscurantisme, à l’Ordre moral, et à l’oppression politique. Il est liberticide.

Et pourtant, l’homme a besoin de "croire" et non pas seulement de "savoir". Pour donner un sens à sa vie, à son histoire individuelle comme à son histoire collective. Qu’est-ce que l’amour sinon la foi en l’autre ? Qu’est-ce qu’aimer sinon croire en l’autre ? Qu’est-ce que croire qu’ "un autre monde est possible" sinon vouloir mettre en œuvre "politiquement" ces "valeurs" supra-rationnelles, d’aucuns diront "irrationnelles", que sont la fraternité, la solidarité, l’égalité, la liberté qu’aucun impératif scientifique n’a jamais exigé et n’exigera jamais de développer parcequ’elles prennent leur origine dans le cœur de l’homme et non dans sa seule raison, parce qu’elles relèvent de l’esprit de finesse et non de l’esprit de géométrie, parce qu’elles fondent la spécificité humaine sans quoi la vie ne vaut pas la peine d’être vécue.

Les religions surnaturalistes, et très particulièrement les religions monothéistes, ont sans doute constitué des étapes nécessaires de l’histoire de l’humanité vers l’âge adulte, l’âge de la rencontre et du don. Elles ont fondé la Loi morale dans la transcendance du Tout Autre. Elles sont devenues aujourd’hui des obstacles à l’édification d’une humanité plus responsable et plus solidaire.

Sans illusion! Car d’une part, on sait que le changement commence d’abord en chacun de ses acteurs. Et d’autre part, ces nouveaux croyants universalistes construiront sans doute à leur tour de nouvelles institutions dont de nouveaux clercs seront de nouveau tentés de dire à tous le vrai de tout ... Mais peut-être feront-ils au moins franchir à l’humanité une nouvelle étape sur la voie de la réconciliation entre le spirituel et le politique, entre l’homme et la femme, entre l’esprit et la matière, entre le dire et le faire, entre le vivant et son environnement naturel et... lui éviteront-ils de s’anéantir!

L’humanité est en devenir.

La "guerre" que veut mener aujourd’hui l’Occident contre le "terrorisme international" n’est pas plus une guerre du Bien contre le Mal que ne l’est la Djihad engagée par les islamistes contre un Occident vautré dans le consumérisme. Il s’agit en réalité d’une lutte entre deux idéologies totalitaires qui voit s’affronter deux intégrismes : celui d’un système économique qui se présente comme le seul et unique modèle de société fondé sur un seul modèle de développement, engendrant une seule culture, une seule civilisation et prétendant s’étendre à la planète entière (fut-ce au prix de son auto-destruction); celle d’une religion monothéiste, aujourd’hui l’islam, hier le christianisme, qui se présente comme la seule vraie et doit engendrer un seul type de société et n’a de cesse que de conquérir l’humanité entière (fut-ce au prix du suicide de ses fidèles) ?

Un dieu unique a engendré une pensée unique. En Occident, ce que n’avait pas réussi à faire le monothéisme religieux chrétien, conquérir le monde, le "monothéisme profane" est en train de le réaliser : un nouveau dieu unique, le Marché, aussi mythique que put l’être Yahvé, régente le monde entier et tient sous son implacable férule la quasi totalité des êtres humains. Il terrorise et asservit l’humanité. A cet égard, le monothéisme religieux semble avoir été le prototype de la pensée idéologique dont le propre est de prétendre s’imposer à l’ensemble des hommes (scientisme, rationalisme, racisme, nationalisme). La prégnance dans l’inconscient collectif occidental d’une croyance en un dieu unique a engendré une conception totalisante, puis totalitaire, actuellement d’ordre économique, hier d’ordre religieux, de l’être humain. C’est ce même monothéisme, par essence patriarcal, qui a soumis l’humanité au seul pouvoir masculin. La pensée unique est aussi une pensée machiste réduisant la femme à sa fonction sociale de reproductrice au service du pouvoir des hommes et emputant par là-même l’humanité de sa moitié féminine et partant de sa dimension spirituelle.

La pensée unique est la principale cause, chez les Occidentaux, de cette prétention à être les uniques détenteurs de la vérité universelle. A ce titre, la religion chrétienne, elle-même issue du monothéisme juif, peut être considérée comme l’archétype de toutes les idéologies occidentales modernes, dans leur volonté de dire le vrai de tout l’homme à tous les hommes de tous les temps.

Pour la première fois de son histoire, l’humanité se trouve affrontée au gigantesque défi de sa propre survie. Dépassant les clivages religieux d’un autre âge, n’est-il pas temps pour tous «les hommes de bonne volonté» d’unir leurs efforts pour inverser la course mortelle dans laquelle l’a jeté à tombeau ouvert, la nouvelle religion matérialiste consumériste/productiviste du Dieu Argent






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